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Toutes les citations de ce lieu:
- Vous feriez mieux d'entrer à pied avec le passeport de Giletti dans votre poche; nous, nous allons nous arrêter un instant, sous prétexte de faire un peu de toilette. Et d'ailleurs, la douane visitera nos effets. Vous, si vous m'en croyez, traversez Casal Maggiore d'un pas nonchalant; entrez même au café et buvez le verre d'eau-de-vie; une fois hors du village, filez ferme. La police est vigilante en diable en pays autrichien: elle saura bientôt qu'il y a eu un homme de tué: vous voyagez avec un passeport qui n'est pas le vôtre, il n'en faut pas tant pour passer deux ans de prison. Gagnez le Pô à droite en sortant de la ville, louez une barque et réfugiez-vous à Ravenne ou à Ferrare; sortez au plus vite des Etats autrichiens. Avec deux louis vous pourrez acheter un autre passeport de quelque douanier, celui-ci vous serait fatal; rappelez-vous que vous avez tué l'homme.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1010 - Ferrare soit, répondit l'employé en sifflant.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1034 Il prit une griffe, imprima le visa en encre bleue sur le passeport, écrivit rapidement les mots: Mantoue, Venise et Ferrare dans l'espace laissé en blanc par la griffe, puis il fit plusieurs tours en l'air avec la main, signa et reprit de l'encre pour son paraphe qu'il exécuta avec lenteur et en se donnant des soins infinis. Fabrice suivait tous les mouvements de cette plume; le commis regarda son paraphe avec complaisance, il y ajouta cinq ou six points, enfin il remit le passeport à Fabrice en disant d'un air léger:
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1035 - A Ferrare. J'ai un passeport, mais j'aimerais mieux ne pas parler aux gendarmes, qui peuvent avoir connaissance du fait.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1052 - C'est mon mari, dit l'hôtesse. Pierre-Antoine, dit-elle au mari, Monsieur est un ami de Ludovic; il lui est arrivé un accident ce matin de l'autre côté du fleuve, il désire se sauver à Ferrare.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1064 - Je suis à vos ordres, dit Ludovic à Fabrice; voulez-vous que je porte moi-même les lettres à Parme? Voulez-vous que je vous accompagne à Ferrare?
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1091 - M'accompagner à Ferrare est un service que je n'osais presque vous demander. Il faudra débarquer, et tâcher d'entrer dans la ville sans montrer le passeport. Je vous dirai que j'ai la plus grande répugnance à voyager sous le nom de Giletti, et je ne vois que vous qui puissiez m'acheter un autre passeport.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1092 Ce ne fut que le surlendemain dans la nuit que Fabrice put débarquer en toute sûreté dans un bois de vernes, une lieue avant que d'arriver à Ponte Lago Oscuro. Toute la journée il resta caché dans une chènevière, et Ludovic le précéda à Ferrare; il y loua un petit logement chez un juif pauvre, qui comprit tout de suite qu'il y avait de l'argent à gagner si l'on savait se taire. Le soir, à la chute du jour, Fabrice entra dans Ferrare monté sur un petit cheval; il avait bon besoin de ce secours, la chaleur l'avait frappé sur le fleuve; le coup de couteau qu'il avait à la cuisse, et le coup d'épée que Giletti lui avait donné dans l'épaule, au commencement du combat, s'étaient enflammés et lui donnaient de la fièvre.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1098 Ludovic répondit froidement à cet honnête chirurgien que, s'il s'avisait de céder aux inspirations de sa conscience, il aurait l'honneur, avant de quitter Ferrare, de tomber sur lui précisément avec un couteau ouvert à la main. Quand il rendit compte de cet incident à Fabrice, celui-le le blâma fort, mais il n'y avait plus un instant à perdre pour décamper. Ludovic dit au juif qu'il voulait essayer de faire prendre l'air à son frère; il alla chercher une voiture, et nos amis sortirent de la maison pour ne plus y rentrer. Le lecteur trouve bien longs, sans doute, les récits de toutes ces démarches que rend nécessaire l'absence d'un passeport: ce genre de préoccupation n'existe plus en France; mais en Italie, et surtout aux environs du Pô, tout le monde parle passeport. Une fois sorti de Ferrare sans encombre, comme pour faire une promenade, Ludovic renvoya le fiacre, puis il rentra dans la ville par une autre porte, et revint prendre Fabrice avec une sediola qu'il avait louée pour faire douze lieues. Arrivés près de Bologne, nos amis se firent conduire à travers champs sur la route qui de Florence conduit à Bologne, ils passèrent la nuit dans la plus misérable auberge qu'ils purent découvrir, et, le lendemain, Fabrice se sentant la force de marcher un peu, ils entrèrent à Bologne comme des promeneurs. On avait brûlé le passeport de Giletti: la mort du comédien devait être connue, et il y avait moins de péril à être arrêtés comme gens sans passeport que comme porteurs du passeport d'un homme tué.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1105 - Eh! mon Dieu, monseigneur! Comment vont vos blessures? Mme la duchesse est horriblement inquiète; un jour entier elle vous a cru mort abandonné dans quelque île du Pô; je vais lui expédier un courrier à l'instant même. Je vous cherche depuis six jours, j'en ai passé trois à Ferrare, courant toutes les auberges.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1126 - Grand Dieu! vous avez été à Ferrare! Moi qui vous y ai tant cherché! Vous saurez que je me suis brouillée avec la vieille femme parce qu'elle voulait me conduire à Venise, où je savais bien que vous n'iriez jamais, puisque vous êtes sur la liste noire de l'Autriche. J'ai vendu mon collier d'or pour venir à Bologne, un pressentiment m'annonçait le bonheur que j'ai de vous y rencontrer; la vieille femme est arrivée deux jours après moi. Ainsi, je ne vous engagerai point à venir chez nous, elle vous ferait encore de ces vilaines demandes d'argent qui me font tant de honte. Nous avons vécu fort convenablement depuis le jour fatal que vous savez et nous n'avons pas dépensé le quart de ce que vous lui donnâtes. Je ne voudrais pas aller vous voir à l'auberge du Pellegrino, ce serait une publicité. Tâchez de louer une petite chambre dans une rue déserte, et à l'Ave Maria (la tombée de la nuit), je me trouverai ici, sous ce même portique.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1160 Une nuit, vers une heure du matin, Fabrice, couché sur sa fenêtre, avait passé la tête par le guichet pratiqué dans l'abat-jour, et contemplait les étoiles et l'immense horizon dont on jouit du haut de la tour Farnèse. Ses yeux, errant dans la campagne du côté du bas Pô et de Ferrare, remarquèrent par hasard une lumière excessivement petite mais assez vive, qui semblait partir du haut d'une tour.?Cette lumière ne doit pas être aperçue de la plaine, se dit Fabrice, l'épaisseur de la tour l'empêche d'être vue d'en bas, ce sera quelque signal pour un point éloigné.?Tout à coup il remarqua que cette lueur paraissait et disparaissait à des intervalles fort rapprochés.?C'est quelque jeune fille qui parle à son amant du village voisin.?Il compta neuf apparitions successives: ?Ceci est un I?, dit-il. En effet, l'I est la neuvième lettre de l'alphabet. Il y eut ensuite, après un repos, quatorze apparitions: ?Ceci est un N?; puis, encore après un repos, une seule apparition: ?C'est un A; le mot est Ina.?
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1795 On peut s'attendre à ce qu'il y a de pis; c'est ce que m'ont déclaré les trois hommes dans lesquels j'ai le plus de confiance, après que je leur ai lait jurer sur l'Evangile de me dire la vérité, quelque cruelle qu'elle pût être pour moi. Le premier de ces hommes menaça le chirurgien dénonciateur à Ferrare de tomber sur lui avec un couteau ouvert à la main; le second te dit à ton retour de Belgirate, qu'il aurait été plus strictement prudent de donner un coup de pistolet au valet de chambre qui arrivait en chantant dans le bois et conduisant en laisse un beau cheval un peu maigre; tu ne connais pas le troisième, c'est un voleur de grand chemin de mes amis, homme d'exécution s'il en fut, et qui a autant de courage que toi; c'est pourquoi surtout je lui ai demandé de me déclarer ce que tu devais faire. Tous les trois m'ont dit, sans savoir chacun que j'eusse consulté les deux autres, qu'il vaut mieux s'exposer à se casser le cou que de passer encore onze années et quatre mois dans la crainte continuelle d'un poison fort probable.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1841 Il faut pendant un mois t'exercer dans ta chambre à monter et descendre au moyen d'une corde nouée. Ensuite, un jour de fête où la garnison de la citadelle aura reçu une gratification de vin, tu tenteras la grande entreprise. Tu auras trois cordes en soie et en chanvre, de la grosseur d'une plume de cygne, la première de quatre-vingts pieds pour descendre les trente-cinq pieds qu'il y a de ta fenêtre au bois d'orangers, la seconde de trois cents pieds, et c'est là la difficulté à cause du poids, pour descendre les cent quatre-vingts pieds qu'a de hauteur le mur de la grosse tour; une troisième de trente pieds te servira à descendre le rempart. Je passe ma vie à étudier le grand mur à l'orient, c'est-à-dire du côté de Ferrare: une fente causée par un tremblement de terre a été remplie au moyen d'un contrefort qui forme plan incliné. Mon voleur de grand chemin m'assure qu'il se ferait fort de descendre de ce côté-là sans trop de difficulté et sous peine seulement de quelques écorchures, en se laissant glisser sur le plan incliné formé par ce contrefort. L'espace vertical n'est que de vingt-huit pieds tout à fait au bas; ce côté est le moins bien gardé.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1842 Ce qui me déciderait pour ce côté, c'est que là se trouve verticalement, au-dessous de la pierre neuve de la balustrade d'en haut, une cabane en bois bâtie par un soldat dans son Jardin, et que le capitaine du génie employé à la forteresse veut le forcer à démolir; elle a dix-sept pieds de haut, elle est couverte en chaume, et le toit touche au grand mur de la citadelle. C'est ce toit qui me tente; dans le cas affreux d'un accident, il amortirait la chute. Une fois arrivé là, tu es dans l'enceinte des remparts assez négligemment gardés; si l'on t'arrêtait là, rire des coups de pistolet et défends-toi quelques minutes. Ton ami de Ferrare et un autre homme de coeur, celui que j'appelle le voleur de grand chemin, auront des échelles, et n'hésiteront pas à escalader ce rempart assez bas, et à voler à ton secours.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1844 |
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