|
Toutes les citations de ce lieu:
20 citation(s) dans Les trois mousquetaires (Alexandre Dumas Père).
11 citation(s) dans La Chartreuse de Parme (Stendhal). 9 citation(s) dans Le Comte de Monte-Christo v1 (Alexandre Dumas Père). 6 citation(s) dans Candide (Voltaire). 6 citation(s) dans Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne). 2 citation(s) dans Histoires extraordinaires (Edgar Allan Poe). 1 citation(s) dans Cinq semaines en ballon (Jules Verne). 1 citation(s) dans Eugénie Grandet (Balzac). 1 citation(s) dans Nouvelles lettres d'un voyageur (George Sand). 1 citation(s) dans De la Terre à la Lune (Jules Verne). 1 citation(s) dans Michel Strogoff (Jules Verne). 1 citation(s) dans L'archipel en feu (Jules Verne). 1 citation(s) dans Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand). ?En sortant de table, j'offris mon bras à la marquise jusqu'à la porte du salon, puis, revenant rapidement sur mes pas, je donnai au domestique qui m'avait servi à table cet unique écu de six francs sur l'emploi duquel j'avais fait tant de châteaux en Espagne.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §23 - Pourquoi donc, comte, portez-vous de la poudre? lui dit Mme Pietranera la troisième fois qu'elle le voyait. De la poudre! un homme comme vous, aimable, encore jeune et qui a fait la guerre en Espagne avec nous! - C'est que je n'ai rien volé dans cette Espagne, et qu'il faut vivre. J'étais fou de la gloire; une parole flatteuse du général français, Gouvion-Saint-Cyr, qui nous commandait, était alors tout pour moi. A la chute de Napoléon, il s'est trouvé que, tandis que je mangeais mon bien à son service, mon père, homme d'imagination et qui me voyait déjà général, me bâtissait un palais dans Parme. En 1813, je me suis trouvé pour tout bien un grand palais à finir et une pension.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §583 - En Espagne, sous le général Saint-Cyr, j'affrontais des coups de fusil pour arriver à la croix et ensuite à un peu de gloire, maintenant je m'habille comme un personnage de comédie pour gagner un grand état de maison et quelques milliers de francs. Une fois entré dans cette sorte de jeu d'échecs, choqué des insolences de mes supérieurs, j'ai voulu occuper une des premières places; j'y suis arrivé: mais mes jours les plus heureux sont toujours ceux que de temps à autre je puis venir passer à Milan; là vit encore, ce me semble, le coeur de votre armée d'Italie.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §587 - Le croiriez-vous? disait à la comtesse un autre voyageur, la nuit, au troisième étage de son palais, gardé par quatre-vingts sentinelles qui, tous les quarts d'heure, hurlent une phrase entière, Ernest IV tremble dans sa chambre. Toutes les portes fermées à dix verrous, et les pièces voisines, au-dessus comme au-dessous, remplies de soldats, il a peur des jacobins. Si une feuille du parquet vient à crier, il saute sur ses pistolets et croit à un libéral caché sous son lit. Aussitôt toutes les sonnettes du château sont en mouvement, et un aide de camp va réveiller le comte Mosca. Arrivé au château, ce ministre de la police se garde bien de nier la conspiration, au contraire; seul avec le prince, et armé jusqu'aux dents, il visite tous les coins des appartements, regarde sous les lits, et, en un mot, se livre à une foule d'action ridicules dignes d'une vieille femme. Toutes ces précautions eussent semblé bien avilissantes au prince lui-même dans les temps heureux où il faisait la guerre et n'avait tué personne qu'à coups de fusil. Comme c'est un homme d'infiniment d'esprit, il a honte de ces précautions, elles lui semblent ridicules, même au moment où il s'y livre, et la source de l'immense crédit du comte Mosca, c'est qu'il emploie toute son adresse à faire que le prince n'ait jamais à rougir en sa présence. C'est lui, Mosca, qui, en sa qualité de ministre de la police, insiste pour regarder sous les meubles, et, dit-on à Parme, jusque dans les étuis de contrebasses'. C est le prince qui s'y oppose, et plaisante son ministre sur sa ponctualité excessive.?Ceci est un parti, lui répond le comte Mosca: songez aux sonnets satiriques dont les jacobins nous accableraient si nous vous laissions tuer. Ce n'est pas seulement votre vie que nous défendons; c'est notre honneur.?Mais il paraît que le prince n'est dupe qu'à demi, car si quelqu'un dans la ville s'avise de dire que la veille on a passé une nuit blanche au château, le grand fiscal Rassi envoie le mauvais plaisant à la citadelle, et une fois dans cette demeure élevée et en bon air, comme on dit à Parme, il faut un miracle pour que l'on se souvienne du prisonnier. C'est parce qu'il est militaire, et qu'en Espagne, il s'est sauvé vingt fois le pistolet à la main, au milieu des surprises, que le prince préfère le comte Mosca à Rassi, qui est bien plus flexible et plus bas. Ces malheureux prisonniers de la citadelle sont au secret le plus rigoureux et l'on fait des histoires sur leur compte. Les libéraux prétendent que, par une invention de Rassi, les geôliers et confesseurs ont ordre de leur persuader que, tous les mois à peu près, l'un d'eux est conduit à la mort. Ce jour-là les prisonniers ont la permission de monter sur l'esplanade de l'immense tour, à cent quatre-vingts pieds d'élévation, et de là ils voient défiler un cortège avec un espion qui joue le rôle d'un pauvre diable qui marche à la mort.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §594 Mosca avait prévenu la comtesse que le prince avait, dans le grand cabinet où il recevait en audience, un portrait en pied de Louis XIV, et une table fort belle de scagliola de Florence. Elle trouva que l'imitation était frappante; évidemment il cherchait le regard et la parole noble de Louis XIV, et il s'appuyait sur la table de scagliola, de façon à se donner la tournure de Joseph II. Il s'assit aussitôt après les premières paroles adressées par lui à la duchesse, afin de lui donner l'occasion de faire usage du tabouret qui appartenait à son rang. A cette cour, les duchesses, les princesses et les femmes des grands d'Espagne s'assoient seules, les autres femmes attendent que le prince ou la princesse les y engagent; et, pour marquer la différence des rangs, ces personnages augustes ont toujours soin de laisser passer un petit intervalle avant de convier les dames non duchesses à s'asseoir. La duchesse trouva qu'en de certains moments l'imitation de Louis XIV était un peu trop marquée chez le prince; par exemple, dans sa façon de sourire avec bonté tout en renversant la tête.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §634 - Je te demande un mois, reprit Fabrice, pour prendre congé de Mme C. de Novare et, ce qui est encore plus difficile, des châteaux en Espagne de toute ma vie. J'écrirai à ma mère, qui sera assez bonne pour venir me voir à Belgirate, sur la rive piémontaise du lac Majeur, et le trente et unième jour après celui-ci, je serai incognito dans Parme.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §695 Trois jours après la promenade, comme Fabrice qui se cachait à Bologne organisait avec le fidèle Ludovic les moyens de trouver le comte M ***, il apprit que, lui aussi, se cachait dans un village de la montagne sur la route de Florence. Le comte n'avait que trois de ses buli avec lui; le lendemain au moment où il rentrait de la promenade, il fut enlevé par huit hommes masqués qui se donnèrent à lui pour des sbires de Parme. On le conduisit, après lui avoir bandé les yeux, dans une auberge deux lieues plus avant dans la montagne, où il trouva tous les égards possibles et un souper fort abondant. On lui servit les meilleurs vins d'Italie et d'Espagne.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §1251 - Je reconnais bien là le comte, s'écria la duchesse avec un transport de joie qu'elle n'eût pas prévu une minute auparavant: il ne souffrira jamais qu'on outrage notre princesse; et quant au général P..., par dévouement pour ses maîtres légitimes, il n'a jamais voulu servir l'usurpateur, tandis que le comte, moins délicat, a fait toutes les campagnes d'Espagne, ce qu'on lui a souvent reproché à la cour.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §2159 Un amateur de jardinage Demi-bourgeois, demi-manant, Possédait en certain village Un jardin assez propre, et le clos attenant. Il avait de plant vif fermé cette étendue: Là croissaient à plaisir l'oseille et la laitue, De quoi faire à Margot pour sa fête un bouquet, Peu de jasmin d'Espagne et force serpolet. Cette félicité par un lièvre troublée Fit qu'au seigneur du bourg notre homme se plaignit. Ce maudit animal vient prendre sa goulée Soir et matin, dit-il, et des pièges se rit; Les pierres les bâtons y perdent leur crédit: Il est sorcier, je crois - Sorcier! je l'en défie, Repartit le seigneur: fût-il diable, Miraut, En dépit de ses tours, l'attrapera bientôt. Je vous en déferai, bonhomme, sur ma vie. - Et quand?- Et dès demain, sans tarder plus longtemps. La partie ainsi faite, il vient avec ses gens. - Çà, déjeunons, dit-il: vos poulets sont-ils tendres? L'embarras des chasseurs succède au déjeuner. Chacun s'anime et se prépare; Les trompes et les cors font un tel tintamarre Que le bonhomme est étonné. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le pauvre potager. Adieu planches, carreaux; Adieu chicorée et poireaux; Adieu de quoi mettre au potage. Le bonhomme disait: Ce sont là jeux de prince. Mais on le laissait dire; et les chiens et les gens Firent plus de dégât en une heure de temps Que n'en auraient fait en cent ans Tous les lièvres de la province. Petits princes, videz vos débats entre vous; De recourir aux rois vous seriez de grands fous. Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, Ni les faire entrer sur vos terres.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §2281 - Grand Dieu! chère amie, j'ai la main malheureuse avec cet enfant, et vous allez encore m'en vouloir. Je puis vous prouver que j'ai fait venir hier soir le geôlier de la prison de la ville tous les jours, votre neveu serait venu prendre du thé chez vous. Ce qu'il y a d'affreux, c'est qu'il est impossible à vous et à moi de dire au prince que l'on craint le poison, et le poison administré par Rassi; ce soupçon lui semblerait le comble de l'immoralité. Toutefois si vous l'exigez, je suis prêt à monter au palais; mais je suis sûr de la réponse. Je vais vous dire plus; je vous offre un moyen que je n'emploierais pas pour moi. Depuis que j'ai le pouvoir en ce pays, je n'ai pas fait périr un seul homme, et vous savez que je suis tellement nigaud de ce côté-là, que quelquefois, à la chute du jour, je pense encore à ces deux espions que je fis fusiller un peu légèrement en Espagne. Eh bien! voulez-vous que je vous défasse de Rassi? Le danger qu'il fait courir à Fabrice est sans bornes; il tient là un moyen sûr de me faire déguerpir.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §2341 Une demi-heure après les petits courtisans râpés, on voyait arriver cinq ou six officiers parlant haut et d'un air tout militaire et discutant habituellement sur le nombre et l'espèce des boutons que doit porter l'habit du soldat pour que le général en chef puisse remporter des victoires. Il n'eût pas été prudent de citer dans ce salon un journal français; car, quand même la nouvelle se fût trouvée des plus agréables, par exemple cinquante libéraux fusillés en Espagne, le narrateur n'en fût pas moins resté convaincu d'avoir lu un journal français. Le chef-d'oeuvre de l'habileté de tous ces gens-là était d'obtenir tous les dix ans une augmentation de pension de cent cinquante francs. C'est ainsi que le prince partage avec sa noblesse le plaisir de régner sur les paysans et sur les bourgeois.
(La Chartreuse de Parme, Stendhal) §2623 |
|
||