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Quoique Ioghel n'acceptât pas la mazurka comme une danse classique, tous étaient enthousiasmés de la façon dont Denissow l'avait dansée; on venait le choisir à chaque instant, et les vieilles gens, le suivant du coin de l'oeil, parlaient de la Pologne et du bon vieux temps. Denissow, échauffé par la mazurka, s'essuya le front, et s'assit à côté de Natacha, qu'il ne quitta plus de toute la soirée. (La Guerre et la Paix,Léon Tolstoï)   §3755

Depuis que le «junker» Rostow avait rejoint son régiment en Pologne, il avait toujours partagé le logement du chef d'escadron. Ce jour-là même, le 8 octobre, pendant qu'au quartier général tout était sens dessus dessous, à cause de la défaite de Mack, l'escadron continuait tout doucement sa vie de bivouac. Denissow, qui avait joué et perdu toute la nuit, n'était pas encore rentré au moment où Rostow, en uniforme de junker, revenait à cheval, de bon matin, de la distribution de fourrage; s'arrêtant au perron, il rejeta vivement sa jambe en arrière avec, un mouvement plein de jeunesse, et, restant une seconde le pied sur l'étrier, comme s'il se séparait à regret de sa monture, il sauta à terre et appela le planton qui se précipitait déjà pour tenir son cheval: (La Guerre et la Paix,Léon Tolstoï)   §1498

Alger était encore à la discrétion d'une milice, composée de musulmans et de renégats, rebut des trois continents qui forment le littoral de la Méditerranée, ne vivant que de la vente des prisonniers faits par les pirates et de leur rachat par les chrétiens. Au dix-septième siècle, la terre africaine comptait déjà près de quarante mille esclaves des deux sexes enlevés à la France, à l'Italie, à l'Angleterre, à l'Allemagne, à la Flandre, à la Hollande, à la Grèce, à la Hongrie, à la Russie, à la Pologne, à l'Espagne, dans toutes les mers de l'Europe. (L'archipel en feu,Jules Verne)   §1260

Il y avait peu de temps que le prince André avait quitté la Russie, et cependant il était bien changé. Cette affectation de nonchalance et d'ennui, qui lui était habituelle, avait complètement disparu de toute sa personne; il semblait ne plus avoir le loisir de songer à l'impression qu'il produisait sur les autres, étant occupé d'intérêts réels autrement graves. Satisfait de lui-même et de son entourage, il n'en était que plus gai et plus bienveillant. Koutouzow, qu'il avait rejoint en Pologne, l'avait accueilli à bras ouverts, en lui promettant de ne pas l'oublier: aussi l'avait-il distingué de ses autres aides de camp, en l'emmenant à Vienne et en lui confiant des missions plus sérieuses. Il avait même adressé à son ancien camarade, le vieux prince Bolkonsky, les lignes suivantes: (La Guerre et la Paix,Léon Tolstoï)   §1455

Ayant enfin envoyé les 43 000 roubles à Dologhow qui lui donna un reçu en règle, il partit à la fin de novembre, sans prendre congé d'aucune de ses connaissances, et alla rejoindre son régiment, qui se trouvait déjà en Pologne. (La Guerre et la Paix,Léon Tolstoï)   §3894