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Toutes les citations de ce lieu:
Un mois après le jour où il avait lu la lettre adressée par Odette à Forcheville, Swann alla à un dîner que les Verdurin donnaient au Bois. Au moment où on se préparait à partir, il remarqua des conciliabules entre Mme Verdurin et plusieurs des invités et crut comprendre qu?on rappelait au pianiste de venir le lendemain à une partie à Chatou; or, lui, Swann, n?y était pas invité.
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §758 Mme Verdurin, voyant que Swann était à deux pas, prit cette expression où le désir de faire taire celui qui parle et de garder un air innocent aux yeux de celui qui entend, se neutralise en une nullité intense du regard, où l?immobile signe d?intelligence du complice se dissimule sous les sourires de l?ingénu et qui enfin, commune à tous ceux qui s?aperçoivent d?une gaffe, la révèle instantanément sinon à ceux qui la font, du moins à celui qui en est l?objet. Odette eut soudain l?air d?une désespérée qui renonce à lutter contre les difficultés écrasantes de la vie, et Swann comptait anxieusement les minutes qui le séparaient du moment où, après avoir quitté ce restaurant, pendant le retour avec elle, il allait pouvoir lui demander des explications, obtenir qu?elle n?allât pas le lendemain à Chatou ou qu?elle l?y fit inviter et apaiser dans ses bras l?angoisse qu?il ressentait. Enfin on demanda leurs voitures. Mme Verdurin dit à Swann:
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §761 «A demain à Chatou, à après-demain chez moi.»
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §763 Il se représentait avec dégoût la soirée du lendemain à Chatou. «D?abord cette idée d?aller à Chatou! Comme des merciers qui viennent de fermer leur boutique! vraiment ces gens sont sublimes de bourgeoisisme, ils ne doivent pas exister réellement, ils doivent sortir du théâtre de Labiche!»
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §779 Il y aurait là les Cottard, peut-être Brichot. «Est-ce assez grotesque cette vie de petites gens qui vivent les uns sur les autres, qui se croiraient perdus, ma parole, s?ils ne se retrouvaient pas tous demain à Chatou!» Hélas! il y aurait aussi le peintre, le peintre qui aimait à «faire des mariages», qui inviterait Forcheville à venir avec Odette à son atelier. Il voyait Odette avec une toilette trop habillée pour cette partie de campagne, «car elle est si vulgaire et surtout, la pauvre petite, elle est tellement bête!!!»
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §780 Mais, comme les vertus qu?il attribuait tantôt encore aux Verdurin, n?auraient pas suffi, même s?ils les avaient vraiment possédées, mais s?ils n?avaient pas favorisé et protégé son amour, à provoquer chez Swann cette ivresse où il s?attendrissait sur leur magnanimité et qui, même propagée à travers d?autres personnes, ne pouvait lui venir que d?Odette,?de même, l?immoralité, eût-elle été réelle, qu?il trouvait aujourd?hui aux Verdurin aurait été impuissante, s?ils n?avaient pas invité Odette avec Forcheville et sans lui, à déchaîner son indignation et à lui faire flétrir «leur infamie». Et sans doute la voix de Swann était plus clairvoyante que lui-même, quand elle se refusait à prononcer ces mots pleins de dégoût pour le milieu Verdurin et de la joie d?en avoir fini avec lui, autrement que sur un ton factice et comme s?ils étaient choisis plutôt pour assouvir sa colère que pour exprimer sa pensée. Celle-ci, en effet, pendant qu?il se livrait à ces invectives, était probablement, sans qu?il s?en aperçût, occupée d?un objet tout à fait différent, car une fois arrivé chez lui, à peine eut-il refermé la porte cochère, que brusquement il se frappa le front, et, la faisant rouvrir, ressortit en s?écriant d?une voix naturelle cette fois: «Je crois que j?ai trouvé le moyen de me faire inviter demain au dîner de Chatou!» Mais le moyen devait être mauvais, car Swann ne fut pas invité: le docteur Cottard qui, appelé en province pour un cas grave, n?avait pas vu les Verdurin depuis plusieurs jours et n?avait pu aller à Chatou, dit, le lendemain de ce dîner, en se mettant à table chez eux:
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §784 Quand les Verdurin l?emmenaient à Saint-Germain, à Chatou, à Meulan, souvent, si c?était dans la belle saison, ils proposaient, sur place, de rester à coucher et de ne revenir que le lendemain. Mme Verdurin cherchait à apaiser les scrupules du pianiste dont la tante était restée à Paris.
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §793 Mais, à d?autres moments, sa douleur le reprenait, il s?imaginait qu?Odette était la maîtresse de Forcheville et que quand tous deux l?avaient vu, du fond du landau des Verdurin, au Bois, la veille de la fête de Chatou où il n?avait pas été invité, la prier vainement, avec cet air de désespoir qu?avait remarqué jusqu?à son cocher, de revenir avec lui, puis s?en retourner de son côté, seul et vaincu, elle avait dû avoir pour le désigner à Forcheville et lui dire: «Hein! ce qu?il rage!» les mêmes regards, brillants, malicieux, abaissés et sournois, que le jour où celui-ci avait chassé Saniette de chez les Verdurin.
(Du côté de chez Swann, Marcel Proust) §808 |
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