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Et cependant, malgré l'ennui qu'aurait dû lui causer cette fâcheuse nouvelle, il éprouvait une certaine satisfaction. Depuis qu'il avait appris la situation désespérée de l'armée russe, il se croyait destiné à la tirer de ce péril: c'était pour lui le Toulon qui allait le faire sortir de la foule obscure de ses camarades et lui ouvrir le chemin de la gloire. Tout en écoutant Bilibine, il se voyait déjà arrivant au camp, donnant son avis au conseil de guerre, et proposant un plan qui pourrait seul sauver l'armée; naturellement on lui en confiait l'exécution.
(La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï) §1977 «C'est commencé! se dit le prince André, dont le coeur battit plus vite; mais où trouverai-je mon Toulon?»
(La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï) §2162 «Voilà enfin l'heureux moment, le Toulon si ardemment désiré!»
(La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï) §3058 À huit heures du matin, Koutouzow se rendit à cheval à Pratzen, à la tête de la quatrième colonne, celle de Miloradovitch, qui allait remplacer les colonnes de Prsczebichewsky et de Langeron descendues dans les bas-fonds. Il salua les soldats du premier régiment et donna l'ordre de se mettre en marche, montrant par là son intention de commander en personne. Il s'arrêta au village de Pratzen. Le prince André, excité, exalté, mais calme et froid en apparence, comme l'est généralement un homme qui se sent arrivé au but ardemment désiré, faisait partie de la nombreuse suite du général en chef. La journée qui commençait serait, il en était sûr, son Toulon ou son pont d'Arcole. Le pays et la position de nos troupes lui étaient aussi connus qu'ils le pouvaient être à tout officier supérieur de notre armée; quant à son plan stratégique, inexécutable à présent, il l'avait complètement oublié. Suivant en pensée le plan de Weirother, il se demandait, à part lui, quels seraient les coups du hasard et les incidents qui lui permettraient de mettre en évidence sa fermeté et la rapidité de ses conceptions.
(La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï) §3151 |
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