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32 citation(s) dans Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne).
28 citation(s) dans De la Terre à la Lune (Jules Verne). 25 citation(s) dans Une ville flottante (Jules Verne). 17 citation(s) dans Histoires extraordinaires (Edgar Allan Poe). 6 citation(s) dans La bête humaine (Emile Zola). 6 citation(s) dans La Chartreuse de Parme (Stendhal). 3 citation(s) dans Cinq semaines en ballon (Jules Verne). 3 citation(s) dans Michel Strogoff (Jules Verne). 2 citation(s) dans Nouvelles lettres d'un voyageur (George Sand). 2 citation(s) dans Les trois mousquetaires (Alexandre Dumas Père). 1 citation(s) dans Eugénie Grandet (Balzac). Le 18 mars 1867, j'arrivais à Liverpool. Le _Great Eastern_ devait partir quelques jours après pour New York, et je venais prendre passage à son bord. Voyage d'amateur, rien de plus. Une traversée de l'Atlantique sur ce gigantesque bateau me tentait. Par occasion, je comptais visiter le North-Amérique, mais accessoirement. Le _Great Eastern_ d'abord. Le pays célébré par Cooper ensuite. En effet, ce steamship est un chef-d'oeuvre de construction navale. C'est plus qu'un vaisseau, c'est une ville flottante, un morceau de comté, détaché du sol anglais, qui, après avoir traversé la mer, va se souder au continent américain. Je me figurais cette masse énorme emportée sur les flots, sa lutte contre les vents qu'elle défie, son audace devant la mer impuissante, son indifférence à la lame, sa stabilité au milieu de cet élément qui secoue comme des chaloupes les _Warriors_ et les _Solférinos_. Mais mon imagination s'était arrêtée en deçà. Toutes ces choses, je les vis pendant cette traversée, et bien d'autres encore qui ne sont plus du Domaine maritime. Si le _Great Eastern_ n'est pas seulement une machine nautique, si c'est un microcosme et s'il emporte un monde avec lui, un observateur ne s'étonnera pas d'y rencontrer, comme sur un plus grand théâtre, tous les instincts, tous les ridicules, toutes les passions des hommes.
(Une ville flottante, Jules Verne) §8 Après une vingtaine de traversées entre l'Angleterre et l'Amérique, et dont l'une fut marquée par des accidents très graves, l'exploitation du _Great Eastern_ avait été momentanément abandonnée. Cet immense bateau disposé pour le transport des voyageurs ne semblait plus bon à rien et se voyait mis au rebut par la race défiante des passagers d'outre-mer. Lorsque les premières tentatives pour poser le câble sur son plateau télégraphique eurent échoué -- insuccès dû en partie à l'insuffisance des navires qui le transportaient --, les ingénieurs songèrent au _Great Eastern_. Lui seul pouvait emmagasiner à son bord ces trois mille quatre cents kilomètres de fil métallique, pesant quatre mille cinq cents tonnes. Lui seul pouvait, grâce à sa parfaite indifférence à la mer, dérouler et immerger cet immense grelin. Mais pour arrimer ce câble dans les flancs du navire, il fallut des aménagements particuliers. On fit sauter deux chaudières sur six et une cheminée sur trois appartenant à la machine de l'hélice. À leur place, de vastes récipients furent disposés pour y lover le câble qu'une nappe d'eau préservait des altérations de l'air. Le fil passait ainsi de ces lacs flottants à la mer sans subir le contact des couches atmosphériques.
(Une ville flottante, Jules Verne) §34 -- Et vous venez en Amérique?
(Une ville flottante, Jules Verne) §66 Bientôt nous eûmes connaissance de Queen's-Town, petit port de relâche devant lequel manoeuvrait une flottille de pêcheurs. C'est là que tout navire, venant de l'Amérique ou des mers du Sud -- bateau à vapeur ou bateau à voiles, transatlantique ou bâtiment de commerce --, jette en passant ses sacs à dépêches. Un express, toujours en pression, les emporte à Dublin en quelques heures. Là, un paquebot, toujours fumant, un steamer pur sang, tout en machines, vrai fuseau à roues qui passe au travers des lames, bateau de course autrement utile que _Gladiateur_ ou _Fille-de- l'Air_, prend ces lettres, et, traversant le détroit avec une vitesse de dix-huit milles à l'heure, il les dépose à Liverpool. Les dépêches, ainsi entraînées, gagnent un jour sur les plus rapides transatlantiques.
(Une ville flottante, Jules Verne) §114 -- Sans doute, mon cher camarade, me répondit Fabian. Le capitaine Corsican et moi, nous arrivions à Liverpool avec l'intention de prendre passage à bord du _China_, de la ligne Cunard, quand nous apprîmes que le _Great Eastern_ allait tenter une nouvelle traversée entre l'Angleterre et l'Amérique: c'était une occasion. J'appris que vous étiez à bord: c'était un plaisir. Nous ne nous étions pas revus depuis trois ans, depuis notre beau voyage dans les États scandinaves. Je n'hésitai pas, et voilà pourquoi le tender nous a déposés hier en votre présence.
(Une ville flottante, Jules Verne) §119 -- Notre vieille Angleterre! répondit en souriant le capitaine Corsican, nous n'y sommes déjà plus, Fabian. C'est un navire anglais qui nous emporte, mais il est affrété par une compagnie française, et il nous conduit en Amérique. Trois pavillons différents flottent sur notre tête, et prouvent que nous foulons du pied un sol franco-anglo-américain.
(Une ville flottante, Jules Verne) §122 -- Qu'importe! répondit Fabian, dont le front se rida un instant sous une impression douloureuse, qu'importe, pourvu que notre congé se passe! Il nous faut du mouvement. C'est la vie. Il est si bon d'oublier le passé, et de tuer le présent par le renouvellement des choses autour de soi! Dans quelques jours, nous serons à New York, où j'embrasserai ma soeur et ses enfants que je n'ai pas vus depuis plusieurs années. Puis nous visiterons les Grands Lacs. Nous redescendrons le Mississippi jusqu'à la Nouvelle-Orléans. Nous ferons une battue sur l'Amazone. De l'Amérique nous sauterons en Afrique, où les lions et les éléphants se sont donné rendez-vous au Cap pour fêter l'arrivée du capitaine Corsican, et de là nous reviendrons imposer aux cipayes les volontés de la métropole!»
(Une ville flottante, Jules Verne) §123 -- Puis, reprit Dean Pitferge, sans se soucier de mon incrédulité, on raconte des histoires sur ce steamship. On dit qu'un passager qui s'est égaré dans ses profondeurs, comme un pionnier dans les forêts d'Amérique, n'a jamais pu être retrouvé.
(Une ville flottante, Jules Verne) §182 «Ce sont des Péruviens, mon cher monsieur, me dit le docteur, un couple marié depuis un an, qui a promené sa lune de miel sur tous les horizons du monde. Ils ont quitté Lima le soir des noces. Ils se sont adorés au Japon, aimés en Australie, supportés en France, disputés en Angleterre, et ils se sépareront sans doute en Amérique!
(Une ville flottante, Jules Verne) §244 Quelques détails ajoutés par le docteur me firent reconnaître l'individu qui, le matin même, s'était signalé par ses paris insensés à propos de l'épave. Mon diagnostic ne m'avait pas trompé. Dean Pitferge m'apprit qu'il se nommait Harry Drake. C'était le fils d'un négociant de Calcutta, un joueur, un débauché, un duelliste, à peu près ruiné, et qui allait probablement en Amérique tenter une vie d'aventures.
(Une ville flottante, Jules Verne) §253 -- En Amérique, dit-on, pour demander au hasard ce qu'il ne veut pas demander au travail.
(Une ville flottante, Jules Verne) §307 «Au commencement, dit-il, Dieu créa l'Amérique en six jours et se reposa le septième.»
(Une ville flottante, Jules Verne) §331 Pendant le lunch, Dean Pitferge m'apprit que le révérend avait admirablement développé son texte. Les monitors, les béliers de guerre, les forts cuirassés, les torpilles sous-marines, tous ces engins avaient manoeuvré dans son discours. Lui-même, il s'était fait grand de toute la grandeur de l'Amérique. S'il plaît à l'Amérique d'être prônée ainsi, je n'ai rien à dire.
(Une ville flottante, Jules Verne) §338 Toujours le même résultat. Nous n'avions encore fait que onze cents milles, en comprenant les trois cent dix milles qui séparent Fastnet de Liverpool. Environ le tiers du voyage. Pendant toute la journée, officiers, matelots, passagers et passagères continuèrent de se reposer «comme le Seigneur après la création de l'Amérique». Pas un piano ne résonna dans les salons silencieux. Les échecs ne quittèrent pas leur boîte, ni les cartes leur étui. Le salon de jeu demeura désert. J'eus l'occasion, ce jour-là, de présenter le docteur Pitferge au capitaine Corsican. Mon original amusa beaucoup le capitaine en lui racontant la chronique secrète du _Great Eastern_. Il tint à lui prouver que c'était un navire condamné, ensorcelé, auquel il arriverait fatalement malheur. La légende du «mécanicien soudé» plut beaucoup à Corsican, qui, en sa qualité d'Écossais, était grand amateur du merveilleux, mais il ne put, cependant, retenir un sourire d'incrédulité.
(Une ville flottante, Jules Verne) §343 Lorsque je rencontrai le capitaine Corsican, il m'apprit que le revenant annoncé par le docteur n'avait point jugé à propos d'apparaître. La nuit, sans doute, n'avait pas été assez sombre pour lui. L'idée me vint alors que c'était une mystification de Pitferge, autorisée par ce premier jour d'avril, car en Amérique et en Angleterre comme en France, cette coutume est fort suivie. Mystificateurs et mystifiés ne manquèrent pas. Les uns riaient, les autres se fâchaient. Je crois même que quelques coups de poing furent échangés, mais, entre Saxons, ces coups de poing ne finissent jamais par des coups d'épée. On sait, en effet, qu'en Angleterre le duel entraîne des peines très sévères. Officiers et soldats n'ont pas même la permission de se battre, sous quelque prétexte que ce soit. Le meurtrier est condamné aux peines afflictives et infamantes les plus graves, et je me rappelle que le docteur me cita le nom d'un officier qui est au bagne depuis dix ans pour avoir blessé mortellement son adversaire dans une rencontre très loyale, cependant. On comprend donc qu'en présence de cette loi excessive, le duel ait complètement disparu des moeurs britanniques.
(Une ville flottante, Jules Verne) §364 En ce moment, le lieutenant H... m'apprit que nous passions sur la queue du banc de Newfoundland, nom que les Anglais donnent aux hauts-fonds de Terre-Neuve. Ce sont les riches parages où se fait la pêche de ces morues, dont trois suffiraient à alimenter l'Angleterre et l'Amérique, si tous leurs oeufs éclosaient.
(Une ville flottante, Jules Verne) §434 Ce jour-là, on attendait _l'Australasian_, paquebot de la compagnie Cunard, jaugeant deux mille sept cent soixante tonneaux, qui dessert la ligne de Liverpool à New York. Il avait dû quitter l'Amérique le mercredi matin, et il ne pouvait tarder à paraître. On le guettait au passage, mais il ne passa pas.
(Une ville flottante, Jules Verne) §553 Les hommes avaient été renversés. L'un d'eux, un officier, à demi noyé, secoua ses favoris roux et se releva. Puis, voyant un des matelots étendu, sans connaissance, sur la patte d'une ancre, il se précipita vers lui, le chargea sur ses épaules et l'emporta. En ce moment, les gens de l'équipage s'échappaient à travers le capot brisé. Il y avait trois pieds d'eau dans l'entrepont. De nouveaux débris couvraient la mer, et entre autres quelques milliers de ces poupées que mon compatriote de la rue Chapon comptait acclimater en Amérique! Tous ces petits corps, arrachés de leur caisse par le coup de mer, sautaient sur le dos des lames, et cette scène eût certainement prêté à rire en de moins graves conjonctures. Cependant, l'inondation nous gagnait. Des masses liquides se précipitaient par les ouvertures, et l'envahissement de la mer fut tel, que, suivant le rapport de l'ingénieur, le _Great Eastern_ embarqua alors plus de deux mille tonnes d'eau -- de quoi couler par le fond une frégate de premier rang.
(Une ville flottante, Jules Verne) §583 -- Oui, répondit le docteur, la route à l'ouest, contre vents et marées. On le sent bien; ajouta-t-il en saisissant un taquet pour ne pas rouler sur le pont. Savez-vous, mon cher monsieur, ce que je ferais du _Great Eastern_ s'il m'appartenait? Non? Eh bien, j'en ferais un bateau de luxe à dix mille francs la place. Il n'y aurait que des millionnaires à bord, des gens qui ne seraient pas pressés. On mettrait un mois ou six semaines à faire la traversée de l'Angleterre à l'Amérique. Jamais de lame par le travers. Toujours vent debout ou vent arrière. Mais aussi jamais de roulis ni de tangage. Mes passagers seraient assurés contre le mal de mer, et je leur paierais cent livres par nausée.
(Une ville flottante, Jules Verne) §603 Je fréquentais peu ces habitués de la «smoking room». J'ai horreur du jeu. C'est un plaisir toujours grossier, souvent malsain. L'homme atteint de la maladie du jeu n'a pas que ce mal; il n'est guère possible que d'autres ne lui fassent pas cortège. C'est un vice qui ne va jamais seul. Il faut dire aussi que la société des joueurs, toujours et partout mêlée, ne me plaît pas. Là dominait Harry Drake au milieu de ses fidèles. Là préludaient à cette vie de hasards quelques aventuriers qui allaient chercher fortune en Amérique. J'évitais le contact de ces gens bruyants. Ce soir-là, je passai donc devant la porte du roufle sans y entrer, quand une violente explosion de cris et d'injures m'arrêta. J'écoutai, et, après un moment de silence, je crus, à mon profond étonnement, distinguer la voix de Fabian. Que faisait-il en ce lieu? Allait-il y chercher son ennemi? La catastrophe, jusqu'alors évitée, était- elle près d'éclater?
(Une ville flottante, Jules Verne) §620 -- Aucun jusqu'ici. Toutefois, ce duel, s'il doit avoir lieu, ne peut, il me semble, avoir lieu qu'en Amérique, et, avant que nous soyons arrivés, le hasard qui a créé cette situation pourra peut- être la dénouer.»
(Une ville flottante, Jules Verne) §644 En sautant sur le pont, avant de monter sur la passerelle, il avait jeté une liasse de journaux sur lesquels les passagers se précipitèrent avidement. C'étaient les nouvelles de l'Europe et de l'Amérique. C'était le lien politique et civil qui se renouait entre le _Great Eastern_ et les deux continents.
(Une ville flottante, Jules Verne) §774 -- Ma foi, docteur, puisque le _Great Eastern_ reste cent quatre- vingt-douze heures à New York et que je dois reprendre passage à bord, j'ai cent quatre-vingt-douze heures à dépenser en Amérique. Cela ne fait que huit jours, mais huit jours bien employés; c'est assez peut-être pour voir New York, l'Hudson, la vallée de la Mohawk, le lac Érié, le Niagara, et tout ce pays chanté par Cooper.
(Une ville flottante, Jules Verne) §841 Huit jours à passer en Amérique! Le _Great Eastern_ devait partir le 16 avril, et c'était le 9, à trois heures du soir, que j'avais mis le pied sur la terre de l'Union. Huit jours! Il y a des touristes enragés, des «voyageurs express», auxquels ce temps eût probablement suffi à visiter l'Amérique tout entière! Je n'avais pas cette prétention. Pas même celle de visiter New York sérieusement et de faire, après cet examen extra-rapide, un livre sur les moeurs et le caractère des Américains. Mais dans sa constitution, dans son aspect physique, New York est vite vu. Ce n'est guère plus varié qu'un échiquier. Des rues qui se coupent à angle droit, nommées «avenues» quand elles sont longitudinales, et «streets» quand elles sont transversales; des numéros d'ordre sur ces diverses voies de communication, disposition très pratique, mais très monotone; les omnibus américains desservant toutes les avenues. Qui a vu un quartier de New York connaît toute la grande cité, sauf peut-être cet imbroglio de rues et de ruelles enchevêtrées dans sa pointe sud, où s'est massée la population commerçante. New York est une langue de terre, et toute son activité se retrouve sur le bout de cette «langue». De chaque côté se développent l'Hudson et la Rivière de l'Est, deux véritables bras de mer sillonnés de navires, et dont les ferry-boats relient la ville à droite avec Brooklyn, à gauche avec les rives du New Jersey. Une seule artère coupe de biais la symétrique agglomération des quartiers de New York et y porte la vie. C'est le vieux Broadway, le Strand de Londres, le boulevard Montmartre à Paris; à peu près impraticable dans sa partie basse où la foule afflue, et presque désert dans sa partie haute; une rue où les bicoques et les palais de marbre se coudoient; un véritable fleuve de fiacres, d'omnibus, de cabs, de haquets, de fardiers, avec des trottoirs pour rivages et au-dessus duquel il a fallu jeter des ponts pour livrer passage aux piétons. Broadway, c'est New York, et c'est là que le docteur Pitferge et moi nous nous promenâmes jusqu'au soir.
(Une ville flottante, Jules Verne) §850 Quelques instants après, nous descendions une rampe très allongée de la côte canadienne. Cette rampe nous conduisit au bord de la rivière, presque entièrement obstruée de glaces. Là, un canot nous attendait pour nous passer «en Amérique». Un voyageur y avait déjà pris place. C'était un ingénieur du Kentucky, qui déclina ses nom et qualités au docteur. Nous embarquâmes sans perdre de temps, et soit en repoussant les glaçons, soit en les divisant, le canot gagna le milieu de la rivière où le courant tenait la passe plus libre. De là, un dernier regard fut donné à cette admirable cataracte du Niagara. Notre compagnon l'observait d'un oeil attentif.
(Une ville flottante, Jules Verne) §949 |
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