Jules Verne | L'archipel en feu

§1211 -- Douze mille!» répliqua Nicolas Starkos, sans attendre cette fois.

§1212 Le commandant d'Albaret n'avait point immédiatement répondu. Non qu'il hésitât à le faire. Mais il venait de voir Skopélo se précipiter vers Nicolas Starkos pour l'arrêter dans son oeuvre de folie -- ce qui, pour un moment, détourna l'attention du capitaine de la _Karysta_.

§1213 En même temps, la vieille prisonnière, qui s'était si obstinément cachée jusqu'alors, venait de se redresser, comme si elle avait eu la pensée de montrer son visage à Nicolas Starkos...

§1214 À ce moment, au sommet de la citadelle d'Arkassa, une rapide flamme brilla dans une volute de vapeurs blanches; mais, avant que la détonation ne fût arrivée jusqu'au batistan, une nouvelle enchère avait été jetée d'une voix retentissante:

§1215 «Treize mille livres!»

§1216 Puis, la détonation se fit entendre, à laquelle succédèrent d'interminables hurrahs. Nicolas Starkos avait repoussé Skopélo avec une violence qui le fit rouler sur le sol... Maintenant il était trop tard! Nicolas Starkos n'avait plus le droit de surenchérir! Hadjine Elizundo venait de lui échapper, et pour jamais, sans doute!

§1217 «Viens!» dit-il d'une voix sourde à Skopélo.

§1218 Et on eût pu l'entendre murmurer ces mots:

§1219 «Ce sera plus sûr et ce sera moins cher!»

§1220 Tous deux montèrent alors dans leur araba et disparurent au tournant de cette route qui se dirigeait vers l'intérieur de l'île.

§1221 Déjà Hadjine Elizundo, entraînée par Xaris, avait franchi les barrières du batistan. Déjà elle était dans les bras d'Henry d'Albaret, qui lui disait en la pressant sur son coeur: