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En 1821, les Souliotes et le Magne se soulevèrent. À Patras, l'évêque Germanos, la croix en main, pousse le premier cri. La Morée, la Moldavie, l'Archipel, se rangent sous l'étendard de l'indépendance. Les Hellènes, victorieux sur mer, parviennent à s'emparer de Tripolitza. À ces premiers succès des Grecs, les Turcs répondent par le massacre de leurs compatriotes qui se trouvaient à Constantinople.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §191 En 1825, c'est Ibrahim-Pacha, fils de Méhémet-Ali, qui débarque à Modon, en Morée, avec onze mille hommes. Il s'empare de Navarin et bat Colocotroni à Tripolitza. Ce fut alors que le gouvernement hellénique confia un corps de troupes régulières à deux Français, Fabvier et Regnaud de Saint-Jean-d'Angély; mais, avant que ces troupes eussent été mises en état de lui résister, Ibrahim dévastait la Messénie et le Magne. Et s'il abandonna ses opérations, c'est qu'il voulut aller prendre part au second siège de Missolonghi, dont le général Kioutagi ne parvenait pas à s'emparer, bien que le sultan lui eût dit: Ou Missolonghi ou ta tête!
(L'archipel en feu, Jules Verne) §195 Ainsi voit-on apparaître le nom de Bobolina, née dans une petite île, à l'entrée du golfe de Nauplie. En 1812, son mari est fait prisonnier, emmené à Constantinople, empalé par ordre du sultan. Le premier cri de la guerre de l'indépendance est jeté. Bobolina, en 1821, sur ses propres ressources, arme trois navires, et, ainsi que le raconte M. H. Belle, d'après le récit d'un vieux Klephte, après avoir arboré son pavillon, qui porte ces mots des femmes spartiates: «Ou dessus ou dessous», elle fait la course jusqu'au littoral de l'Asie Mineure, capturant et brûlant les navires turcs avec l'intrépidité d'un Tsamados ou d'un Canaris; puis, après avoir généreusement abandonné la propriété de ses navires au nouveau gouvernement, elle assiste au siège de Tripolitza, organise autour de Nauplie un blocus qui dure quatorze mois, et oblige enfin la citadelle à se rendre. Cette femme, dont toute la vie est une légende, devait finir par tomber sous le poignard de son frère pour une simple affaire de famille.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §204 Dès 1821, Andronika se joignit à ceux des Maniotes que Colocotroni, condamné à mort et réfugié dans les îles Ioniennes, appela à lui, lorsque, le 18 janvier de cette année, il débarqua à Scardamoula. Elle fut de cette première bataille rangée, livrée en Thessalie lorsque Colocotroni attaqua les habitants de Phanari, et ceux de Caritène, réunis aux Turcs sur les bords de la Rhouphia. Elle fut aussi de cette bataille de Valtetsio, du 17 mai, qui amena la déroute de l'armée de Moustapha-bey. Plus particulièrement encore, elle se distingua à ce siège de Tripolitza, où les Spartiates traitaient les Turcs de «lâches Persans», où les Turcs traitaient les Grecs de «faibles lièvres de Laconie»! Mais, cette fois, les lièvres eurent le dessus. Le 5 octobre, la capitale du Péloponnèse, n'ayant pu être débloquée par la flotte turque, dut capituler, et, malgré la convention, fut mise à feu et à sang, pendant trois jours -- ce qui coûta la vie, au dedans comme au dehors, à dix mille Ottomans de tout âge et de tout sexe.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §208 Lamentable époque, surtout pour la Morée. Ibrahim venait d'y lancer ses farouches Arabes, plus féroces que les Ottomans. Andronika était de ces quatre mille combattants que Colocotroni, nommé commandant en chef des troupes du Péloponnèse, avait seulement pu réunir autour de lui. Mais Ibrahim, après avoir débarqué onze mille hommes sur la côte messénienne, s'était d'abord occupé de débloquer Coron et Patras; puis, il s'était emparé de Navarin, dont la citadelle devait lui assurer une base d'opérations, et le port lui donner un abri sûr pour sa flotte. Ensuite ce fut Argos qu'il incendia, Tripolitza dont il prit possession -- ce qui lui permit, jusqu'à l'hiver, d'exercer ses ravages à travers les provinces avoisinantes. Plus particulièrement, la Messénie subit ces horribles dévastations. Aussi Andronika dut-elle souvent fuir jusqu'au fond du Magne pour ne pas tomber entre les mains des Arabes. Cependant, elle ne songeait pas à prendre du repos. Peut-on reposer sur une terre opprimée? On la retrouve dans les campagnes de 1825 et de 1826, au combat des défilés de Verga, après lequel Ibrahim recula sur Polyaravos, où les Maniotes du Nord parvinrent à le repousser encore. Puis, elle se joignit aux réguliers du colonel Fabvier, pendant la bataille de Chaidari, au mois de juillet 1826. Là, grièvement blessée, elle ne dut qu'au courage d'un jeune Français, engagé sous le drapeau des Philhellènes, d'échapper aux impitoyables soldats de Kioutagi.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §212 Henry d'Albaret n'hésita pas. Comme tant d'autres braves jeunes gens irrésistiblement entraînés par ce mouvement, il accompagna les volontaires que des officiers français allaient guider jusqu'aux confins de l'Europe orientale. Il fut de ces premiers Philhellènes qui versèrent leur sang pour la cause de l'indépendance. Dès l'année 1822, il se trouvait parmi ces glorieux vaincus de Maurocordato, à la fameuse bataille d'Arta, et, parmi les vainqueurs, au premier siège de Missolonghi. Il était là, l'année suivante, quand succomba Marco Botsaris. Pendant l'année 1824, il prit part, non sans éclat, à ces combats maritimes qui vengèrent les Grecs des victoires de Méhémet-Ali. Après la défaite de Tripolitza, en 1825, il commandait un parti de réguliers sous les ordres du colonel Fabvier. En juillet 1826, il se battait à Chaidari, où il sauvait la vie d'Andronika Starkos, que foulaient aux pieds les chevaux de Kioutagi -- bataille terrible dans laquelle les Philhellènes firent d'irréparables pertes.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §231 |
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