Jules Verne | L'archipel en feu | Grèce | Arkassa

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Scarpanto est une île grecque, ou, du moins, elle est habitée par une population grecque, mais elle appartient à l'Empire ottoman. Après la constitution définitive du royaume de Grèce, elle devait même rester turque sous le gouvernement d'un simple cadi, lequel habitait alors une sorte de maison fortifiée, située au-dessus du bourg moderne d'Arkassa. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1119

Quant au transport de ces malheureux sur les bazars de Smyrne ou de l'Afrique, il se faisait par des navires qui, le plus souvent, venaient en prendre livraison au port d'Arkassa, situé sur la côte occidentale de l'île. S'ils ne suffisaient pas, un exprès était envoyé à la côte opposée, et les pirates ne répugnaient point à cet odieux commerce. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1121

Ce fut au port d'Arkassa, à une encablure du môle, par un excellent fond de dix brasses, que la _Syphanta_ vint mouiller dans la soirée du 2 septembre. Henry d'Albaret, en mettant le pied sur l'île, ne se doutait guère que les hasards de sa croisière l'avaient précisément conduit au principal entrepôt du commerce d'esclaves. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1123

«Comptez-vous relâcher quelque temps à Arkassa, mon commandant? demanda le capitaine Todros, lorsque les manoeuvres du mouillage furent terminées. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1124

Aussi, avant de venir relâcher à Arkassa, Henry d'Albaret n'avait- il pas cru devoir abandonner la partie. Après s'être approché de terre, autant que le permettait son tirant d'eau, il s'était imposé la tâche d'observer toutes les anfractuosités de la côte. Mais, au milieu de ce semis d'écueils qui la défendent, sous l'abri des hautes falaises rocheuses qui la délimitent, un bâtiment tel que le brick pouvait facilement se dissimuler. Derrière cette barrière de brisants, que la _Syphanta_ ne pouvait ranger de plus près, sans courir le risque d'échouer, un capitaine, connaissant ces canaux, avait pour lui toute chance de dépister ceux qui le poursuivaient. Si donc le brick s'était réfugié dans quelque secrète crique, il serait très difficile de le retrouver, non plus que les autres bâtiments pirates, auxquels l'île donnait asile sur des mouillages inconnus. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1131

Les recherches de la corvette durèrent deux jours et furent vaines. Le brick se serait soudainement abîmé sous les eaux, au delà de Casos, qu'il n'eût pas été plus invisible. Quelque dépit qu'il en ressentît, le commandant d'Albaret dut renoncer à tout espoir de le découvrir. Il s'était donc décidé à venir mouiller dans le port d'Arkassa. Là, il n'avait plus qu'à attendre. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1132

Le lendemain, entre trois heures et cinq heures du soir, la petite ville d'Arkassa allait être envahie par une grande partie de la population de l'île, sans parler des étrangers, européens ou asiatiques, dont le concours ne pouvait faire défaut à cette occasion. C'était, en effet, jour de grand marché. De misérables êtres, de tout âge et de toute condition, récemment faits prisonniers par les Turcs, devaient y être mis en vente. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1133

À cette époque, il y avait à Arkassa un bazar particulier, destiné à ce genre d'opération, un «batistan», tel qu'il s'en trouve en certaines villes des États barbaresques. Ce batistan contenait alors une centaine de prisonniers, hommes, femmes, enfants, solde des dernières razzias faites dans le Péloponnèse. Entassés pêle- mêle au milieu d'une cour sans ombre, sous un soleil encore ardent, leurs vêtements en lambeaux, leur attitude désolée, leur physionomie de désespérés, disaient tout ce qu'ils avaient souffert. À peine nourris et mal, à peine abreuvés et d'une eau trouble, ces malheureux s'étaient réunis par familles jusqu'au moment où le caprice des acheteurs allait séparer les femmes des maris, les enfants de leurs père et mère. Ils eussent inspiré la plus profonde pitié à tous autres qu'à ces cruels «bachis», leurs gardiens, que nulle douleur ne savait plus émouvoir. Et ces tortures, qu'étaient-elles auprès de celles qui les attendaient dans les seize bagnes d'Alger, de Tunis, de Tripoli, où la mort faisait si rapidement des vides qu'il fallait les combler sans cesse? (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1134

Le marché d'Arkassa se faisait aux enchères publiques. Tous, étrangers et indigènes, y pouvaient prendre part; mais, ce jour- là, comme les traitants ne venaient opérer que pour le compte des bagnes de la Barbarie, il n'y avait qu'un seul lot de captifs. Suivant que ce lot échoirait à tel ou tel courtier, il serait dirigé sur Alger, Tripoli ou Tunis. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1136

Ces pauvres gens, destinés à tant de misères, ce serait la dernière enchère qui déciderait de leur sort, et l'on pouvait surenchérir tant que cinq heures n'étaient pas sonnées. Le coup de canon de la citadelle d'Arkassa, en assurant la fermeture du port, arrêtait en même temps les dernières mises à prix du marché. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1138

Vers quatre heures, en effet, deux hommes venaient de paraître sur le marché d'Arkassa. D'où venaient-ils? De la partie orientale de l'île, sans doute, à en juger d'après la direction suivie par l'araba, qui les avait déposés à la porte même du batistan. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1157

C'étaient ces deux hommes, bien connus sur le marché d'Arkassa. Plus d'une fois, déjà, ils y avaient fait d'énormes affaires en achetant des prisonniers pour le compte des traitants de l'Afrique. L'argent ne leur manquait pas, quoiqu'on ne sût pas trop d'où ils le tiraient, mais cela les regardait. Et le cadi, en ce qui le concernait, ne put que s'applaudir de voir arriver de si redoutables concurrents. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1161

Ce fut à ce moment que Nicolas Starkos, sans même chercher à savoir comment il pouvait se faire que l'héritière du banquier Elizundo fût ainsi exposée sur le marché d'Arkassa, jeta d'une voix troublée cette nouvelle enchère de trois mille livres. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1179

C'était le hasard seul qui venait d'amener le commandant de la _Syphanta_ sur la place du marché. Il ignorait même que, ce jour- là -- c'est-à-dire vingt-quatre heures après son arrivée à Scarpanto -- il y eût une vente d'esclaves dans la capitale de l'île. D'autre part, puisqu'il n'avait point aperçu la sacolève au mouillage, il devait être non moins étonné de trouver Nicolas Starkos à Arkassa que celui-ci l'était de l'y voir. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1192

De son côté, Nicolas Starkos ignorait que la corvette fût commandée par Henry d'Albaret, bien qu'il sût qu'elle avait relâché à Arkassa. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1193

D'un geste, Henry d'Albaret rassura et contint la jeune fille. Quelle que fût son indignation, lorsqu'il se vit en présence de son odieux rival, il resta maître de lui-même. Oui! fût-ce au prix de toute sa fortune, s'il le fallait, il saurait arracher à Nicolas Starkos les prisonniers entassés sur le marché d'Arkassa, et avec eux, celle qu'il avait tant cherchée, celle qu'il n'espérait plus revoir! (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1196

À ce moment, au sommet de la citadelle d'Arkassa, une rapide flamme brilla dans une volute de vapeurs blanches; mais, avant que la détonation ne fût arrivée jusqu'au batistan, une nouvelle enchère avait été jetée d'une voix retentissante: (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1214

Enfin, sa mission terminée, n'ayant plus rien des millions laissés par son père, Hadjine Elizundo songea à revenir en Europe avec Xaris. Elle s'embarqua à bord d'un navire grec, sur lequel prirent passage les derniers prisonniers, rachetés par elle, et qui fit voile pour Scarpanto. C'était là qu'elle comptait retrouver Henry d'Albaret. C'était de là qu'elle avait résolu de revenir en Grèce sur la _Syphanta. _Mais, trois jours après avoir quitté Tunis, le navire qui la portait fut capturé par un bâtiment turc, et elle était conduite à Arkassa pour y être vendue comme esclave avec ceux qu'elle venait de délivrer!... (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1262

On sait ce qui s'était passé, on sait pourquoi Sacratif était venu au marché d'Arkassa, on sait comment, après avoir retrouvé Hadjine Elizundo parmi les prisonniers du batistan, il se vit en face d'Henry d'Albaret, le commandant de la corvette. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §1404