Jules Verne | Cinq semaines en ballon | Niger | Niger

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--Pourquoi? répondit le docteur en s'animant; parce que jusqu'ici toutes les tentatives ont échoué! Parce que depuis Mungo-Park assassiné sur le Niger jusqu'à Yogel disparu dans le Wadaï, depuis Oudney mort à Murmur, Clapperton mort à Sackatou, jusqu'au Français Maizan coupé en morceaux, depuis le major Laing tué par les Touaregs jusqu'à Roscher de Hambourg massacré au commencement de 1860, de nombreuses victimes ont été inscrites au martyrologe africain! Parce que lutter contre les éléments, contre la faim, la soif, la fièvre, contre les animaux féroces et contre des peuplades plus féroces encore, est impossible! Parce que ce qui ne peut être fait d'une façon doit être entrepris d'une autre! Enfin parce que, là où l'on ne peut passer au milieu, il faut passer à côté ou passer dessus! (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §155

Le 25 novembre 1852, après la mort d'Overweg, son dernier compagnon, il s'enfonce dans l'ouest, visite Sockoto, traverse le Niger, et arrive enfin à Tombouctou, oh il doit languir huit longs mois, au milieu des vexations du cheik, des mauvais traitements et de la misère. Mais la présence d'un chrétien dans la ville ne peut être plus longtemps tolérée; les Foullannes menacent de l'assiéger. Le docteur la quitte donc le 17 mars 1854, se réfugie sur la frontière, où il demeure trente trois jours dans le dénûment le plus complet, revient à Kano en novembre, rentre à Kouka, d'où il reprend la route de Denham, après quatre mois d'attente; il revoit Tripoli vers la fin d'août 1855, et rentre à Londres le 6 septembre, seul de ses compagnons. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §200

Le docteur fit le point au moyen d'observations lunaires, et consulta l'excellente carte qui lui servait de guide; elle appartenait à l'atlas « der Neuester Entedekungen Afrika », publié à Gotha par son savant ami Petermann, et que celui-ci lui avait adressé. Cet atlas, devait servir au voyage tout entier du docteur, car il contenait l'itinéraire de Burton et Speke aux Grands Lacs, le Soudan d'après le docteur Barth, le bas Sénégal d'après Guillaume Lejean, et le delta du Niger par le docteur Baikie. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §698

Enfin, un vrai fleuve apparut aux yeux des voyageurs, et, aux immenses fourmilières qui l'avoisinaient, le docteur reconnut le Bénoué, l'un des grands affluents du Niger, celui que les Indigènes ont nommé la « Source des eaux. » (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2158

En dépit de ses efforts, le docteur portait en plein dans le nord-est, vers le mont Mendif, qui disparaissait au milieu des nuages; les hauts sommets de ces montagnes séparent le bassin du Niger du bassin du lac Tchad. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2165

« Nous ne tarderons pas à voir le Niger, dit le docteur; la contrée se métamorphose aux approches des grands fleuves. Ces chemins qui marchent, suivant une juste expression, ont d'abord apporté la végétation avec eux, comme ils apporteront la civilisation plus tard. Ainsi, dans son parcours de deux mille cinq cents milles? le Niger a semé sur ses bords les plus importantes cités de l'Afrique. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2747

« C'est là, dit le docteur, Barth traversa le Niger à son retour de Tembouctou: voici le fleuve fameux dans l'antiquité, le rival du Nil, auquel la superstition païenne donna une origine céleste; comme lui, il préoccupa l?attention des géographes de tous les temps; comme celle du Nil, et plus encore, son exploration a coûté de nombreuses victimes. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2750

Le Niger coulait entre deux rives largement séparées; ses eaux roulaient vers le sud avec une certaine violence; mais les voyageurs entraînés purent à peine en saisir les curieux contours. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2751

--Non, Dick; en quittant le lac Tchad, il traversa les villes principales du Bornou et vint couper le Niger à Say, quatre degrés au-dessous de Gao; puis il pénétra au sein de ces contrées inexplorées que le Niger renferme dans son coude, et, après huit mois de nouvelles fatigues, il parvint à Tembouctou; ce que nous ferons en trois jours à peine, avec un vent aussi rapide. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2754

--Il y a longtemps, répondit le docteur. La reconnaissance du Niger et de ses affluents attira de nombreuses explorations, et je puis vous indiquer les principales. De 1749 à 1758, Adamson reconnaît le fleuve et visite Gorée; de 1785 à 1788, Golberry et Geoffroy parcourent les déserts de la Sénégambie et remontent jusqu'au pays des Maures, qui assassinèrent Saugnier, Brisson, Adam, Riley, Cochelet, et tant d'autres infortunés. Vient alors l'illustre Mungo-Park, l'ami de Walter-Scott, Écossais comme lui. Envoyé en 1795 par la Société africaine de Londres, il atteint Bambarra, voit le Niger, fait cinq cents milles avec un marchand d'esclaves, reconnaît la rivière de Gambie et revient en Angleterre en 1797, il repart le 30 janvier 1805 avec son beau-frère Anderson, Scott le dessinateur et une troupe d?ouvriers; il arrive à Gorée; s'adjoint un détachement de trente-cinq soldats, revoit le Niger le 19 août; mais alors, par suite des fatigues, des privations, des mauvais traitements, des inclémences du ciel, de l'insalubrité du pays, il ne reste plus que onze vivants de quarante Européens; le 16 novembre, les dernières lettres de Mungo-Park parvenaient à sa femme, et, un an plus tard, on apprenait par un trafiquant du pays qu'arrivé à Boussa, sur le Niger, le 23 décembre l?infortuné voyageur vit sa barque renversée par les cataractes du fleuve, et que lui-même fut massacré par les indigènes. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2756

--Au contraire, Dick; car alors on avait non seulement à reconnaître le fleuve, mais à retrouver les papier du voyageur. Dès 1816, une expédition s'organise à Londres, à laquelle prend part le major Gray; elle arrive au Sénégal, pénètre dans le Fouta-Djallon, visite les populations foullahs et mandingues, et revient en Angleterre sans autre résultat. En 1822, le major Laing explore toute la partie de l'Afrique occidentale voisine des possessions anglaises, et ce fut lui qui arriva le premier aux sources du Niger; d'après ses documents, la source de ce fleuve immense n'aurait pas deux pieds de largeur. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2758

--C'est alors qu'un courageux jeune homme entreprit avec ses faibles ressources et accomplit le plus étonnant des voyages modernes; je veux parler du Français René Caillié Après diverses tentatives en 1819 et en 1824, il partit à nouveau, le 19 avril 1827, du Rio-Nunez; le 3 août, il arriva tellement épuisé et malade à Timé, qu'il ne put reprendre son voyage qu'en janvier 1828, six mois après; il se joignit alors à une caravane, protégé par son vêtement oriental, atteignit le Niger le 10 mars, pénétra dans la ville de Jenné, s'embarqua sur le fleuve et le descendit jusqu'à Tembouctou, où il arriva le 30 avril. Un autre Français, Imbert, en 1670, un Anglais, Robert Adams, en 1810, avaient peut-être vu cette ville curieuse; mais René Caillié devait être le premier Européen qui en ait rapporté des données exactes; le 4 mai, il quitta cette reine du désert; le 9, il reconnut l'endroit même où fut assassiné le major Laing; le 19, il arriva à El-Araouan et quitta cette ville commerçante pour franchir, à travers mille dangers, les vastes solitudes comprises entre le Soudan et les régions septentrionales de l'Afrique; enfin il entra à Tanger, et, le 28 septembre, il s'embarqua pour Toulon; en dix-neuf mois, malgré cent quatre-vingts jours de maladie, il avait traversé l'Afrique de l'ouest au nord. Ah! si Caillié fût né en Angleterre, on l'eut honoré comme le plus intrépide voyageur des temps modernes; à l'égal de Mungo-Park. Mais, en France, il n'est pas apprécié à sa valeur [Le docteur Fergusson, en sa qualité d'Anglais, exagère peut-être; néanmoins, nous devons reconnaître que René Caillié ne jouit pas en France, parmi les voyageurs, d'une célébrité digne de son dévouement et de son courage]. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2764

--Il parvint à regagner la côte et revint à Londres, rapportant les papiers du capitaine et une relation exacte de son propre voyage; il offrit alors ses services au gouvernement pour compléter la reconnaissance du Niger; il s'adjoignit son frère John, second enfant de pauvres gens des Cornouailles, et tous les deux, de 1829 à 1831, ils redescendirent le fleuve depuis Boussa jusqu'à son embouchure, le décrivant village par village, mille par mille. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2768

--Oui, pendant cette exploration du moins, car en 1833 Richard entreprit un troisième voyage au Niger, et périt frappé d'une balle inconnue prés de l'embouchure du fleuve. Vous le voyez donc, mes amis, ce pays, que nous traversons, a été témoin de nobles dévouements, qui n'ont eu trop souvent que la mort pour récompense! » (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2770

Le pays dans le coude du Niger.--Vue fantastique des monts Hombori.--Kabra.--Tembouctou.--Plan du docteur Barth.--Décadence.--Où le Ciel voudra. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2777

Le Niger, après avoir remonté au nord jusqu'à cette ville, s'arrondit comme un immense jet d'eau et retombe dans l'océan Atlantique en gerbe largement épanouie; dans ce coude, le pays est très varié, tantôt d'une fertilité luxuriante, tantôt d'une extrême aridité; les plaines incultes succèdent aux champs de maïs, qui sont remplacés par de vastes terrains couverts de genêts; toutes les espèces d'oiseaux d'humeur aquatique, pélicans, sarcelles martins-pêcheurs, vivent en troupes nombreuses sur les bords des torrents et des marigots. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2783

En effet, le Victoria reprenait une route plus au nord, et le 20, au matin, il passait au-dessus d'un inextricable réseau de canaux, de torrents, de rivières, tout l'enchevêtrement complet des affluents du Niger. Plusieurs de ces canaux, recouverts d'une herbe épaisse, ressemblaient à de grasses prairies. Là, le docteur retrouva la route de Barth, quand celui-ci s'embarqua sur le fleuve pour le descendre jusqu?à Tembouctou. Large de huit cents toises, le Niger coulait ici entre deux rives riches en crucifères et en tamarins; les troupeaux bondissants des gazelles mêlaient leurs cornes annelées aux grandes herbes, entre lesquelles l'alligator les guettait en silence. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2790

--Pas trop, Dick, pas trop; regarde l'aiguille aimantée nous portons au sud, et nous remontons le Niger vers ses sources. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2815

A la nuit tombante, le docteur jeta les derniers sacs de lest; le Victoria se releva, le chalumeau, quoique fonctionnant à pleine flamme, pouvait à peine le maintenir; il se trouvait alors à soixante milles dans le sud de Tembouctou, et, le lendemain, il se réveillait sur les bords du Niger, non loin du lac Debo. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2818

Le 27 mai, vers neuf heures du matin, le pays se présenta sous un nouvel aspect: les rampes longuement étendues se changeaient en collines qui faisaient présager de prochaines montagnes; on aurait à franchir la chaîne qui sépare le bassin du Niger du bassin du Sénegal et détermine l'écoulement des eaux soit au golfe de Guinée, soit à la baie du cap Vert. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2876

--Le voici. En 1854, un marabout du Fouta sénégalais, Al-Hadji, se disant inspiré comme Mahomet, poussa toutes les tribus à la guerre contre les infidèles, c'est-à-dire les Européens. Il porta la destruction et la désolation entre le fleuve Sénégal et son affluent la Falémé. Trois hordes de fanatiques guidées par lui sillonnèrent le pays de façon à n'épargner ni un village ni une hutte, pillant et massacrant; il s'avança même dans la vallée du Niger, jusqu'à la ville de Sego, qui fut longtemps menacée. En 1857, il remontait plus au nord et investissait le fort de Médine, bâti par les Français sur les bords du fleuve; cet établissement fut défendu par un héros, Paul Holl, qui pendant plusieurs mois, sans nourriture, sans munitions presque, tint jusqu'au moment où le colonel Faidherbe vint le délivrer. Al-Hadji et ses bandes repassèrent alors le Sénégal, et revinrent dans le Kaarta continuer leurs rapines et leurs massacres; or, voici les contrées dans lesquelles il s'est enfui et réfugié avec ses hordes de bandits, et je vous affirme qu'il ne ferait pas bon tomber entre ses mains. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2898

Le docteur épiait les moindres nuages à l'horizon. Il craignait toujours un changement dans l'atmosphère. S'il venait à être rejeté vers le Niger, que deviendrait-il! D'ailleurs, il constatait que le ballon tendait à baisser sensiblement; depuis son départ, il avait déjà perdu plus de trois cents pieds, et le Sénégal devait être éloigné d'une douzaine de milles; avec la vitesse actuelle, il lui fallait compter encore trois heures de voyage. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §3062