Jules Verne | Cinq semaines en ballon | Mali | Tembouctou

18 citation(s) dans Cinq semaines en ballon (Jules Verne).
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Pendant les longues heures inoccupées du voyage docteur faisait un véritable cours de géographie dans le carré des officiers. Ces jeunes gens se passionnaient pour les découvertes faites depuis quarante ans en Afrique; il leur raconta les explorations de Barth, de Burton, de Speke, de Grant, il leur dépeignit cette mystérieuse contrée livrée de toutes part aux investigations de la science. Dans le nord, le jeune Duveyrier explorait le Sahara et ramenait à Paris les chefs Touaregs. Sous l'inspiration du gouvernement français, deux expéditions se préparaient, qui, descendant du nord et venant à l'ouest, se croiseraient à Tembouctou. Au sud, l?infatigable Livingstone s'avançait toujours vers l'équateur, et depuis mars 1862, il remontait, en compagnie de Mackensie, la rivière Rovoonia. Le dix-neuvième siècle ne se passerait certainement pas sans que l'Afrique n'eût révélé les secrets enfouis dans son sein depuis six mille ans. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §433

--Sans doute, reprit Joe. On ne peut pas se permettre de faire un voyage en Afrique sans visiter Tembouctou! (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2698

--Quelle côte, mon garçon? Savons-nous donc où le hasard nous conduira; tout ce que je puis te dire, c'est que Tembouctou se trouve encore à quatre cents milles dans l'ouest. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2735

Fergusson et Kennedy se penchèrent et aperçurent une vaste agglomération d'êtres de toute espèce; il y avait là plus de cent cinquante chameaux, de ceux qui pour douze mutkals d'or [Cent vingt-cinq francs.] vont de Tembouctou à Tafilet avec une charge de cinq cents livres sur le dos; tous portaient sous la queue un petit sac destiné à recevoir leurs excréments, seul combustible sur lequel on puisse compter dans le désert. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2739

« C'est là, dit le docteur, Barth traversa le Niger à son retour de Tembouctou: voici le fleuve fameux dans l'antiquité, le rival du Nil, auquel la superstition païenne donna une origine céleste; comme lui, il préoccupa l?attention des géographes de tous les temps; comme celle du Nil, et plus encore, son exploration a coûté de nombreuses victimes. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2750

--Non, Dick; en quittant le lac Tchad, il traversa les villes principales du Bornou et vint couper le Niger à Say, quatre degrés au-dessous de Gao; puis il pénétra au sein de ces contrées inexplorées que le Niger renferme dans son coude, et, après huit mois de nouvelles fatigues, il parvint à Tembouctou; ce que nous ferons en trois jours à peine, avec un vent aussi rapide. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2754

--Cela est permis. Cinq ans plus tard, le major Laing devait s'élancer au travers du Sahara, pénétrer jusqu'à Tembouctou, et mourir étranglé à quelques milles au-dessus par les Oulad-Shiman, qui voulaient l'obliger à se faire musulman. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2762

--C'est alors qu'un courageux jeune homme entreprit avec ses faibles ressources et accomplit le plus étonnant des voyages modernes; je veux parler du Français René Caillié Après diverses tentatives en 1819 et en 1824, il partit à nouveau, le 19 avril 1827, du Rio-Nunez; le 3 août, il arriva tellement épuisé et malade à Timé, qu'il ne put reprendre son voyage qu'en janvier 1828, six mois après; il se joignit alors à une caravane, protégé par son vêtement oriental, atteignit le Niger le 10 mars, pénétra dans la ville de Jenné, s'embarqua sur le fleuve et le descendit jusqu'à Tembouctou, où il arriva le 30 avril. Un autre Français, Imbert, en 1670, un Anglais, Robert Adams, en 1810, avaient peut-être vu cette ville curieuse; mais René Caillié devait être le premier Européen qui en ait rapporté des données exactes; le 4 mai, il quitta cette reine du désert; le 9, il reconnut l'endroit même où fut assassiné le major Laing; le 19, il arriva à El-Araouan et quitta cette ville commerçante pour franchir, à travers mille dangers, les vastes solitudes comprises entre le Soudan et les régions septentrionales de l'Afrique; enfin il entra à Tanger, et, le 28 septembre, il s'embarqua pour Toulon; en dix-neuf mois, malgré cent quatre-vingts jours de maladie, il avait traversé l'Afrique de l'ouest au nord. Ah! si Caillié fût né en Angleterre, on l'eut honoré comme le plus intrépide voyageur des temps modernes; à l'égal de Mungo-Park. Mais, en France, il n'est pas apprécié à sa valeur [Le docteur Fergusson, en sa qualité d'Anglais, exagère peut-être; néanmoins, nous devons reconnaître que René Caillié ne jouit pas en France, parmi les voyageurs, d'une célébrité digne de son dévouement et de son courage]. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2764

Le pays dans le coude du Niger.--Vue fantastique des monts Hombori.--Kabra.--Tembouctou.--Plan du docteur Barth.--Décadence.--Où le Ciel voudra. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2777

Pendant cette maussade journée du lundi, le docteur Fergusson se plut à donner à ses compagnons mille détails sur la contrée qu'ils traversaient. Le sol assez plat n'offrait aucun obstacle à leur marche. Le seul souci du docteur était causé par ce maudit vent du nord-est qui soufflait avec rage et l'éloignait de la latitude de Tembouctou. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2782

En effet, le Victoria reprenait une route plus au nord, et le 20, au matin, il passait au-dessus d'un inextricable réseau de canaux, de torrents, de rivières, tout l'enchevêtrement complet des affluents du Niger. Plusieurs de ces canaux, recouverts d'une herbe épaisse, ressemblaient à de grasses prairies. Là, le docteur retrouva la route de Barth, quand celui-ci s'embarqua sur le fleuve pour le descendre jusqu?à Tembouctou. Large de huit cents toises, le Niger coulait ici entre deux rives riches en crucifères et en tamarins; les troupeaux bondissants des gazelles mêlaient leurs cornes annelées aux grandes herbes, entre lesquelles l'alligator les guettait en silence. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2790

« C'est Kabra, s'écria joyeusement le docteur; c'est le port de Tembouctou; la ville n'est pas à cinq milles d'ici! (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2792

En effet, à deux heures, la reine du désert, la mystérieuse Tembouctou, qui eut, comme Athènes et Rome, ses écoles de savants et ses chaires de philosophie, se déploya sous les regards des voyageurs. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2796

Quant à l'aspect de Tembouctou, que l'on se figure un entassement de billes et de dés à jour; voilà l'effet produit à vol d'oiseau; les rues, assez étroites, sont bordées de maisons qui n'ont qu'un rez-de-chaussée, construites en briques cuites au soleil, et de huttes de paille et de roseaux, celles-ci coniques, celles-là carrées; sur les terrasses sont nonchalamment étendus quelques habitants drapés dans leur robe éclatante, la lance ou le mousquet à la main; de femmes point, à cette heure du jour. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2799

--Ils ont été détruits par les Foullannes en 1826; alors la ville était plus grande d'un tiers, car Tembouctou, depuis le XIe siècle, objet de convoitise générale, a successivement appartenu aux Touareg, aux Sourayens, aux Marocains, aux Foullannes; et ce grand centre de civilisation, où un savant comme Ahmed-Baba possédait au XVIe siècle une bibliothèque de seize cents manuscrits, n'est plus qu'un entrepôt de commerce de l'Afrique centrale. » (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2802

Au passage du Victoria, il se fit bien quelque mouvement, le tambour fut battu; mais à peine si le dernier savant de l'endroit eut le temps d?observer ce nouveau phénomène; les voyageurs; repoussés par le vent du désert, reprirent le cours sinueux du fleuve, et bientôt Tembouctou ne fut plus qu'un des souvenirs rapides de leur voyage. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2804

A la nuit tombante, le docteur jeta les derniers sacs de lest; le Victoria se releva, le chalumeau, quoique fonctionnant à pleine flamme, pouvait à peine le maintenir; il se trouvait alors à soixante milles dans le sud de Tembouctou, et, le lendemain, il se réveillait sur les bords du Niger, non loin du lac Debo. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2818

Le pays devint plus marécageux vers le soir; les forêts firent place des bouquets d'arbres isolés; sur les bords du fleuve, on distinguait quelques plantations de tabac et des marais gras de fourrages. Dans une grande île apparut alors la ville de Jenné, avec les deux tours de sa mosquée de terre, et l'odeur infecte qui s'échappait de millions de nids d'hirondelles accumulés sur ses murs. Quelques cimes de baobabs, de mimoras et de dattiers perçaient entre les maisons; même à la nuit, l'activité paraissait très grande. Jenné est en effet une ville fort commerçante; elle fournit à tous les besoins de Tembouctou; ses barques sur le fleuve, ses caravanes par les chemins ombragés, y transportent les diverses productions de son industrie. (Cinq semaines en ballon, Jules Verne)  §2854