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X.--Baïkal et Angara.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §42 --Cet ordre a été donné par le dernier télégramme que nous avons pu faire parvenir au delà du lac Baïkal.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §78 --Oui, répondit le czar. Le dernier télégramme qui a pu passer à Nijni-Oudinsk a dû mettre en mouvement les troupes des gouvernements d'Yeniseisk, d'Irkoutsk, d'Iakoutsk, celles des provinces de l'Amour et du lac Baïkal. En même temps, les régiments de Perm et de Nijni-Novgorod et les Cosaques de la frontière se dirigent à marche forcée vers les monts Ourals; mais, malheureusement, il faudra plusieurs semaines avant qu'ils puissent se trouver en face des colonnes tartares!
(Michel Strogoff, Jules Verne) §194 Cependant, la pensée de Nadia abandonnait quelquefois les lointaines provinces du lac Baïkal, et se reportait alors à sa situation présente. L'image de son père s'effaçait un peu, et elle revoyait son généreux compagnon, tout d'abord sur le chemin de fer de Wladimir, où quelque providentiel dessein le lui avait fait rencontrer pour là première fois. Elle se rappelait ses attentions pendant le voyage, son arrivée à la maison de police de Nijni-Novgorod, la cordiale simplicité avec laquelle il lui avait parlé en l'appelant du nom de soeur, son empressement près d'elle pendant la descente du Volga, enfin tout ce qu'il avait fait, dans cette terrible nuit d'orage à travers les monts Ourals, pour défendre sa vie au péril de la sienne!
(Michel Strogoff, Jules Verne) §1090 Une fois sur un terrain plus solide, Michel Strogoff arrêta ce qu'il convenait de faire. Ce qu'il voulait avant tout, c'était éviter Tomsk, occupée par les troupes tartares. Néanmoins, il lui fallait gagner quelque bourgade, et au besoin quelque relais de poste, où il pût se procurer un cheval. Ce cheval trouvé, il se jetterait en dehors des chemins battus, et il ne reprendrait la route d'Irkoutsk qu'aux environs de Krasnoiarsk. A partir de ce point, s'il se hâtait, il espérait trouver la voie libre encore, et il pourrait descendre au sud-est les provinces du lac Baïkal.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §1611 En somme, le danger n'était pas en avant, il était en arrière. L'avant-garde de la principale armée de l'émir, que dirigeait Ivan Ogareff, pouvait apparaître d'un instant à l'autre. Les barques, expédiées de l'Yeniseï inférieur, avaient dû arriver à Krasnoiarsk et servir aussitôt au passage du fleuve. Le chemin était libre alors pour les envahisseurs. Aucun corps russe ne pouvait le barrer entre Krasnoiarsk et le lac Baïkal. Michel Strogoff s'attendait donc à l'arrivée des éclaireurs tartares.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2617 C'était le lac Baïkal.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2721 Le lac Baïkal est situé à dix-sept cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Sa longueur est environ de neuf cents verstes, sa largeur de cent. Sa profondeur n'est pas connue. Mme de Bourboulon rapporte, au dire des mariniers, qu'il veut être appelé «madame la mer». Si on l'appelle «monsieur le lac», il entre aussitôt en fureur. Cependant, suivant la légende, jamais un Russe ne s'y est noyé.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2728 Déjà, à cette époque, les froids s'étaient fait sentir. Ainsi qu'il arrive sur ce territoire, soumis à des conditions climatériques particulières, l'automne paraissait devoir s'absorber dans un précoce hiver. On était aux premiers jours d'octobre. Le soleil quittait maintenant l'horizon à cinq heures du soir, et les longues nuits laissaient tomber la température au zéro des thermomètres. Les premières neiges, qui devaient persister jusqu'à l'été, blanchissaient déjà les cimes voisines du Baïkal. Pendant l'hiver sibérien, cette mer intérieure, glacée sur une épaisseur de plusieurs pieds, est sillonnée par les traîneaux des courriers et des caravanes.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2730 Que ce soit parce qu'on manque aux bienséances en l'appelant «monsieur le lac» ou pour toute autre raison plus météorologique, le Baïkal est sujet à des tempêtes violentes. Ses lames, courtes comme celles de toutes les Méditerranées, sont très redoutées des radeaux, des prames, des steam-boats, qui le sillonnent pendant l'été.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2731 La jeune fille dut craindre un instant que ce ne fût un détachement tartare, envoyé pour battre les rives du Baïkal, auquel cas la fuite leur eût été interdite à tous deux.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2737 Ces Russes étaient des fugitifs, de conditions diverses, que le même intérêt avait réunis en ce point du Baïkal. Repoussés par les éclaireurs tartares, ils cherchaient à se réfugier dans Irkoutsk, et ne pouvant y arriver par terre, depuis que les envahisseurs avaient pris position sur les deux rives de l'Angara, ils espéraient l'atteindre en descendant le cours du fleuve qui traverse la ville.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2743 Le plan des fugitifs était très-simple. Un courant du Baïkal longe la rive supérieure du lac jusqu'à l'embouchure de l'Angara. C'est ce courant qu'ils comptaient utiliser pour atteindre tout d'abord le déversoir du Baïkal. De ce point à Irkoutsk, les eaux rapides du fleuve les entraîneraient avec une vitesse de dix à douze verstes à l'heure. En un jour et demi, ils devaient donc être en vue de la ville.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2745 Il n'y avait donc pas un instant à perdre. D'ailleurs, le froid devenait de plus en plus vif. La température, pendant la nuit, tombait au-dessous de zéro. Quelques glaçons s'étaient déjà formés à la surface du Baïkal. Si le radeau pouvait facilement manoeuvrer sur le lac, il n'en serait pas de même entre les rives de l'Angara, au cas où les glaçons viendraient à encombrer son cours.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2749 Un vieux marinier du Baïkal avait pris le commandement du radeau. C'était un homme de soixante-cinq ans, tout hâlé par les brises du lac. Une barbe blanche, très-épaisse, descendait sur sa poitrine. Un bonnet de fourrure coiffait sa tête, d'aspect grave et austère. Sa large et longue houppelande, serrée à la ceinture, lui tombait jusqu'aux talons. Ce vieillard taciturne, assis à l'arrière, commandait du geste et ne prononçait pas dix paroles en dix heures. D'ailleurs, toute la manoeuvre se réduisait à maintenir le radeau dans le courant, qui filait le long du littoral, sans gagner au large.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2752 Quant au pope, c'était un simple prêtre de village, un de ces six cent mille pasteurs populaires que compte l'empire russe. Il était vêtu aussi misérablement que les moujiks, n'étant pas plus qu'eux, en vérité, n'ayant ni rang ni pouvoir dans l'Église, laborant comme un paysan sa pièce de terre, baptisant, mariant, enterrant. Ses enfants et sa femme, il avait pu les soustraire aux brutalités des Tartares, en les reléguant dans les provinces du Nord. Lui était resté dans sa paroisse jusqu'au dernier moment. Puis, il avait dû fuir, et la route d'Irkoutsk étant fermée, il lui avait fallu gagner le lac Baïkal.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2755 Pendant que les glaçons dérivaient ainsi, des phénomènes curieux se produisaient à la surface du Baïkal. C'étaient de magnifiques jaillissements de sources d'eau bouillante, sorties de quelques-uns de ces puits artésiens, que la nature a forés dans le lit même du lac. Ces jets s'élevaient à une grande hauteur et s'épanchaient en vapeurs, irisées par les rayons solaires, que le froid condensait presque aussitôt. Ce curieux spectacle eût certainement émerveillé le regard d'un touriste, qui eût voyagé en pleine paix et pour son agrément sur cette mer sibérienne.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2761 Pendant la belle saison, le port de Livenitchnaia est une station d'embarquement ou de débarquement pour les voyageurs du lac Baïkal, soit qu'ils se rendent à Kiakhta, dernière ville de la frontière russo-chinoise, soit qu'ils en reviennent. Il est donc très-fréquenté par les steam-boats et tous les petits caboteurs du lac.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2765 Alcide Jolivet et Harry Blount se dirigèrent à marche forcée vers Irkoutsk. Ils espéraient bien y devancer Féofar-Khan, et ils l'eussent certainement fait, sans l'apparition inopinée de cette troisième colonne, venue des contrées du sud par la vallée de l'Yeniseï. Ainsi que Michel Strogoff, ils furent coupés avant même d'avoir pu atteindre le Dinka. De là, nécessité pour eux de redescendre jusqu'au lac Baïkal.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2781 Tout d'abord, ainsi qu'on l'a vu, les habitants de la province d'Irkoutsk furent mis en demeure d'abandonner villes et bourgades. Ceux qui ne se réfugièrent pas dans la capitale durent se reporter en arrière, au delà du lac Baïkal, là où très-probablement l'invasion n'étendrait pas ses ravages. Les récoltes en blé et en fourrages furent réquisitionnées pour la ville, et ce dernier rempart de la puissance moscovite dans l'extrême Orient fut mis à même de résister pendant quelque temps.
(Michel Strogoff, Jules Verne) §2933 |
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