Jules Verne | L'archipel en feu | Grèce | Athènes

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En 1826, le 5 janvier, après avoir brûlé Pyrgos, Ibrahim arrivait devant Missolonghi. Pendant trois jours, du 25 au 28, il jeta sur la ville huit mille bombes et boulets, sans pouvoir y entrer, même après un triple assaut, et bien qu'il n'eût affaire qu'à deux mille cinq cents combattants, déjà affaiblis par la famine. Cependant il devait réussir, surtout lorsque Miaoulis et son escadre, qui apportaient des secours aux assiégés, eurent été repoussés. Le 23 avril, après un siège qui avait coûté la vie à dix-neuf cents de ses défenseurs, Missolonghi tombait au pouvoir d'Ibrahim, et ses soldats massacrèrent hommes, femmes, enfants, presque tout ce qui survivait des neuf mille habitants de la ville. En cette même année, les Turcs, amenés par Kioutagi, après avoir ravagé la Phocide et la Béotie, arrivaient à Thèbes, le 10 juillet, entraient en Attique, investissaient Athènes, s'y établissaient et faisaient le siège de l'Acropole, défendue par quinze cents Grecs. Au secours de cette citadelle, la clé de la Grèce, le nouveau gouvernement envoya Caraïskakis, l'un des combattants de Missolonghi, et le colonel Fabvier avec son corps de réguliers. La bataille qu'ils livrèrent à Chaïdari fut perdue, et Kioutagi put continuer le siège de l'Acropole. Pendant ce temps, Caraïskakis s'engageait à travers les défilés du Parnasse, battait les Turcs à Arachova, le 5 décembre, et, sur le champ de bataille, il élevait un trophée de trois cents têtes coupées. La Grèce du Nord était redevenue libre presque tout entière. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §196

Mais Athènes était aux mains des Turcs. Sa citadelle avait capitulé, le 5 juin. La Grèce du Nord fut alors contrainte de faire sa complète soumission. Le 6 juillet, il est vrai, la France, l'Angleterre, la Russie et l'Autriche signaient une convention qui, tout en admettant la suzeraineté de la Porte, reconnaissait l'existence d'une nation grecque. En outre, par un article secret, les puissances signataires s'engageaient à s'unir contre le sultan, s'il refusait d'accepter un arrangement pacifique. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §199

À ce moment, l'Acropole d'Athènes était défendue par le commandant Gouras, ayant quinze cents hommes sous ses ordres. Là, dans cette citadelle, s'étaient réfugiés cinq cents femmes et enfants, qui n'avaient pu fuir au moment où les Turcs s'emparaient de la ville. Gouras avait des vivres pour un an, un matériel de quatorze canons et de trois obusiers, mais les munitions allaient lui manquer. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §233

Là, le jeune officier, souffrant d'une blessure qui fort heureusement n'était pas grave, dut partager les misères des assiégés, réduits à quelques rations d'orge pour toute nourriture. Six mois se passèrent, avant que la capitulation de l'Acropole, consentie par Kioutagi, lui rendît la liberté. Ce fut seulement le 5 juin 1827 que Fabvier, ses volontaires et les assiégés purent quitter la citadelle d'Athènes et s'embarquer sur des navires qui les transportèrent à Salamine. (L'archipel en feu, Jules Verne)  §236