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Cependant, sept mois avant l'époque à laquelle débute cette histoire, les Turcs avaient été obligés de se réfugier dans quelques-unes des places fortes de la Grèce septentrionale. Au mois de février 1827, les Grecs avaient reconquis leur indépendance depuis le golfe d'Ambracie jusqu'aux confins de l'Attique. Le pavillon turc ne flottait plus qu'à Missolonghi, à Vonitsa, à Naupacte. Le 31 mars, sous l'influence de lord Cochrane, les Grecs du Nord et les Grecs du Péloponnèse, renonçant à leurs luttes intestines, allaient réunir les représentants de la nation en une assemblée unique à Trézène, et concentrer les pouvoirs en une seule main, celle d'un étranger, un diplomate russe, grec de naissance, Capo d'Istria, originaire de Corfou.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §198 Pendant que la _Karysta_ se dirigeait vers le nord pour une destination connue seulement de son capitaine, il se passait à Corfou un fait qui, pour être d'ordre privé, n'en devait pas moins attirer l'attention publique sur les principaux personnages de cette histoire.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §223 De tout ce groupe qui comprend Cérigo, Zante, Ithaque, Céphalonie, Leucade, Paxos et Corfou, cette dernière île, la plus septentrionale, est aussi la plus importante. C'est l'ancienne Corcyre. Or, une île qui eut pour roi Alcinoüs, l'hôte généreux de Jason et de Médée, qui, plus tard, accueillit le sage Ulysse, après la guerre de Troie, a bien droit à tenir une place considérable dans l'histoire ancienne. Après avoir été en lutte avec les Francs, les Bulgares, les Sarrasins, les Napolitains, ravagée au seizième siècle par Barberousse, protégée au dix- huitième par le comte de Schulembourg, et, à la fin du premier empire, défendue par le général Donzelot, elle était alors la résidence d'un Haut Commissaire anglais.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §225 On rencontrait alors à Corfou un certain nombre d'étrangers, et, plus particulièrement, de ceux qui avaient été attirés, depuis trois ou quatre ans, par les diverses phases de la guerre de l'Indépendance. C'était de Corfou que les uns s'embarquaient pour aller rejoindre. C'était à Corfou que venaient s'installer les autres, auxquels d'excessives fatigues imposaient un repos de quelque temps.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §227 Henry d'Albaret, très faible encore, ne voulut point s'arrêter dans cette ville et il fit voile pour Corfou. Là, depuis deux mois, il se refaisait de ses fatigues, en attendant l'heure d'aller reprendre son poste au premier rang, lorsque le hasard vint donner un nouveau mobile à sa vie, qui n'avait été jusqu'alors que la vie d'un soldat.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §237 Il y avait à Corfou, à l'extrémité de la Strada Reale, une vieille maison de peu d'apparence, moitié grecque, moitié italienne d'aspect. Dans cette maison demeurait un personnage, qui se montrait peu, mais dont on parlait beaucoup. C'était le banquier Elizundo. Était-ce un sexagénaire ou un septuagénaire, on n'aurait pu le dire. Depuis une vingtaine d'années, il habitait cette sombre demeure, dont il ne sortait guère. Mais, s'il n'en sortait pas, bien des gens de tous pays et de toute condition -- clients assidus de son comptoir -- l'y venaient visiter. Très certainement, il se faisait des affaires considérables dans cette maison de banque, dont l'honorabilité était parfaite. Elizundo passait, d'ailleurs, pour être extrêmement riche. Nul crédit, dans les îles Ioniennes et jusque chez ses confrères dalmates de Zara ou de Raguse, n'aurait pu rivaliser avec le sien. Une traite, acceptée par lui, valait de l'or. Sans doute, il ne se livrait pas imprudemment. Il paraissait même très serré en affaires. Les références, il les lui fallait excellentes, les garanties, il les voulait complètes; mais sa caisse semblait inépuisable. Circonstance à noter, Elizundo faisait presque tout lui-même, n'employant qu'un homme de sa maison, dont il sera parlé plus tard, pour tenir les écritures sans importance. Il était à la fois son propre caissier et son propre teneur de livres. Pas une traite qui ne fût libellée, pas une lettre qui n'eût été écrite de sa main. Aussi, jamais un commis du dehors ne s'était-il assis au bureau du comptoir. Cela ne contribuait pas peu à assurer le secret de ses affaires.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §238 Elizundo était veuf, il l'était même lorsqu'il vint s'établir à Corfou avec une petite fille, alors âgée de deux ans. Maintenant, cette petite fille, qui se nommait Hadjine, en avait vingt-deux, et vivait dans cette demeure, toute aux soins du ménage.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §240 C'était un Grec, nommé Xaris, un frère de lait de la mère d'Hadjine, qui l'avait suivie après son mariage avec le banquier de Corfou. Il était donc depuis plus de vingt ans dans la maison, occupant une situation au-dessus de celle d'un simple serviteur, aidant même Elizundo, lorsqu'il ne s'agissait que de quelques écritures à passer.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §244 Ce furent des rapports d'affaires qui s'établirent, tout d'abord, entre le banquier et l'officier français. En quittant Paris, celui-ci avait pris des traites importantes sur la maison Elizundo. Ce fut à Corfou qu'il vint les toucher. Ce fut de Corfou qu'il tira ensuite tout l'argent dont il eut besoin pendant ses campagnes de Philhellène. À plusieurs reprises, il revint dans l'île, et c'est ainsi qu'il fit la connaissance d'Hadjine Elizundo. La beauté de la jeune fille l'avait frappé. Son souvenir le suivit sur les champs de bataille de la Morée et de l'Attique.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §248 Après la reddition de l'Acropole, Henry d'Albaret n'eut rien de mieux à faire que de revenir à Corfou. Il était mal remis de sa blessure. Les fatigues excessives du siège avaient altéré sa santé. Là, tout en vivant en dehors de la maison du banquier, il y trouva chaque jour une hospitalité de quelques heures, qu'aucun étranger n'avait pu jusqu'alors obtenir.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §249 Henry d'Albaret ne pouvait donc tarder à quitter Corfou, s'il voulait devancer à Hydra les soldats d'Ibrahim. Aussi, son départ fut-il définitivement fixé au 21 octobre.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §284 Cependant, Henry d'Albaret n'avait plus que peu de temps à rester près d'Hadjine Elizundo. C'était sur un brick levantin qu'il avait pris la résolution de s'embarquer, et ce brick devait quitter Corfou, le 21 du mois, à destination d'Hydra.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §289 La nouvelle de la bataille de Navarin venait, en effet, d'arriver à Corfou. À peine se fut-elle répandue dans toute la ville qu'on en connut presque aussitôt les détails, apportés télégraphiquement par les appareils aériens de la côte albanaise.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §301 De là, un changement dans les projets formés par Henry d'Albaret avant cette date du 20 octobre. Il n'était plus nécessaire qu'il allât rejoindre les volontaires accourus à l'aide des Hydriotes. Il résolut donc d'attendre à Corfou les événements qui allaient être la conséquence naturelle de cette bataille de Navarin.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §306 -- Je vais écrire à Elizundo que je ne tarderai pas à relâcher à Corfou, où je terminerai cette affaire...
(L'archipel en feu, Jules Verne) §412 «Embarque, dit-il à Skopélo. Nous négocierons ces traites avec Elizundo dès notre arrivée à Corfou. Puis, cela fait, tu reviendras à Arkadia pour prendre livraison du chargement.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §422 On aurait pu vaguement apercevoir, à la clarté de la lune, une sorte de falaise blanchâtre, dominant la mer de cent quatre-vingts pieds: c'était le Saut de Leucade, qu'illustrèrent Sapho et Artémise. Mais, de cette île, qui prend aussi le nom de Leucade, il ne restait plus trace dans le sud au soleil levant, et la sacolève, ralliant la côte albanaise, se dirigea, toutes voiles dessus, vers l'île de Corfou.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §447 On passa ainsi en vue de la petite île de Paxo. Déjà, vers le nord, se dessinaient les premières hauteurs de Corfou. Sur la droite, la côte albanaise profilait à l'horizon la dentelure des monts Acraucéroniens. Quelques navires de guerre, portant le pavillon anglais ou le pavillon turc, furent aperçus dans ces parages assez fréquentés de la mer Ionienne. La _Karysta_ ne chercha pas à éviter les uns plus que les autres. Si un signal lui eût été fait de mettre en travers, elle eût obéi sans hésitation, n'ayant à bord ni cargaison ni papier de nature à dénoncer son origine.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §451 À quatre heures du soir, la sacolève serrait un peu le vent pour entrer dans le détroit qui sépare l'île de Corfou de la terre ferme. Les écoutes furent raidies, et le timonier lofa d'un quart, afin d'enlever le cap Bianco à l'extrémité sud de l'île.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §452 Là, un certain nombre de curieux avaient pris place autour d'un petit temple de forme circulaire, qui venait d'être récemment élevé à la mémoire de sir Thomas Maitland. Quelques années plus tard, un obélisque allait y être érigé en l'honneur de l'un de ses successeurs, sir Howard Douglas, pour faire pendant à la statue du Haut Lord Commissaire actuel, Frédérik Adam, dont la place était déjà marquée devant le palais du gouvernement. Il est probable que, si le protectorat de l'Angleterre n'eût pris fin en faisant rentrer les îles Ioniennes dans le domaine du royaume hellénique, les rues de Corfou auraient été encombrées par les statues de ses gouverneurs. Toutefois, bien des Corfiotes ne songeaient point à blâmer cette prodigalité d'hommes de bronze ou d'hommes de pierre, et, peut-être, plus d'un en est-il maintenant à regretter, avec l'ancien état de choses, les errements administratifs des représentants du Royaume-Uni.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §462 Nicolas Starkos écoutait toujours et ne disait rien. Du haut de la terrasse, ses yeux pouvaient aisément parcourir une grande partie du canal de Corfou, fermé comme un lac jusqu'aux montagnes d'Albanie, que le soleil couchant dorait à leur cime.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §466 Évidemment -- et, à tous ces symptômes, un marin ne pouvait s'y tromper -- un ou plusieurs navires se préparaient à quitter Corfou. Si cela était, la population corfiote, on doit le reconnaître, y prenait un intérêt vraiment extraordinaire.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §468 Le fait est qu'un homme qui en était à ignorer encore ce qu'était Sacratif, et cela en pleine ville de Corfou, au moment même où ce nom était dans toutes les bouches, pouvait être regardé comme un phénomène.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §492 -- Oh! monsieur, répondit Nicolas Starkos, ce nom ne m'est pas absolument inconnu, croyez-le bien; mais j'ignorais que ce fût lui qui mît aujourd'hui toute la ville en révolution. Est-ce que Corfou est menacée d'une descente de ce pirate?
(L'archipel en feu, Jules Verne) §500 -- Et, ajouta le négociant anglais, si vous voyez la ville en émoi, si toute la population s'est portée sur l'esplanade, c'est pour assister à l'appareillage de la _Syphanta_ qui sera saluée de plusieurs milliers de hurrahs, quand elle descendra le canal de Corfou!»
(L'archipel en feu, Jules Verne) §509 Bientôt, une détonation retentit. Une fumée s'éleva dans un vif éclair au-dessus de terre-plein de la citadelle. C'était le coup de partance. La _Syphanta_ appareillait et allait descendre le canal de Corfou, afin de gagner les parages méridionaux de la mer Ionienne.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §515 «Bonjour, Elizundo, dit le capitaine de la _Karysta_, en se laissant tomber sur un fauteuil avec le sans-gêne d'un homme qui serait chez lui. Voilà bientôt six mois que je ne vous ai vu, bien que vous ayez eu souvent de mes nouvelles! Aussi, n'ai-je pas voulu passer si près de Corfou, sans m'y arrêter, afin d'avoir le plaisir de vous serrer la main.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §540 Du reste, Henry d'Albaret ne fut pas plus heureux que Nicolas Starkos. Il ne put communiquer avec Hadjine par visite ni par lettre. C'était à se demander si la jeune fille n'avait point quitté Corfou sous la protection de Xaris, qui ne se montrait nulle part.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §684 Quant à la fortune que laissait le banquier, on savait qu'elle était énorme. Grossie, naturellement par les bavardages du quartier et les on-dit de la ville, elle arrivait déjà à être quintuplée. Oui! on affirmait qu'Elizondo ne laissait pas moins d'une centaine de millions! Et quelle héritière, cette jeune Hadjine, et quel homme heureux, ce Nicolas Starkos, auquel sa main était promise! On ne parlait plus que de cela dans Corfou, dans ses deux faubourgs, jusque dans les derniers villages de l'île! Aussi les badauds affluaient-ils à la Strada Reale. Faute de mieux, on voulait au moins contempler cette maison fameuse, dans laquelle il était entré tant d'argent, et où il devait en rester tant, puisqu'il en était si peu sorti!
(L'archipel en feu, Jules Verne) §686 On s'en souvient, les négociants des îles Ioniennes épouvantés de cet état de choses commun à toutes les Échelles du Levant, s'étaient associés pour armer une corvette, destinée à donner la chasse aux pirates. Aussi, depuis cinq semaines, la _Syphanta_ avait-elle quitté Corfou, afin de rallier les mers de l'Archipel. Deux ou trois affaires, dont elle s'était heureusement tirée, la capture de plusieurs navires, à bon droit suspects, ne pouvaient que l'encourager à poursuivre résolument son oeuvre. Signalé à maintes reprises dans les eaux de Psara, de Scyros, de Zéa, de Lemnos, de Paros, de Santorin, son commandant Stradena remplissait sa tâche avec non moins de hardiesse que de bonheur. Seulement, il ne semblait pas qu'il eût encore pu rencontrer cet insaisissable Sacratif, dont l'apparition était toujours marquée par les plus sanglantes catastrophes. On entendait souvent parler de lui, on ne le voyait jamais.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §770 C'est dans ces circonstances, que, le 27 novembre, Henry d'Albaret arriva à Scio, huit jours après avoir quitté Corfou. Il y venait rejoindre son ancien commandant, afin de continuer sa campagne contre les Turcs.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §773 Il eut alors la pensée de fouiller la ville de Corfou, puis l'île entière. Peut-être Hadjine y avait-elle cherché refuge en quelque endroit ignoré? On compte, en effet, un certain nombre de villages, disséminés à la surface de l'île, où il est facile de trouver un abri sûr. Pour qui veut se dérober au monde et se faire oublier, Benizze, Santa Decca, Leucimne, vingt autres, offrent de tranquilles retraites. Henry d'Albaret se jeta sur toutes les routes, il chercha jusque dans les moindres hameaux quelque trace de la jeune fille: il ne trouva rien.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §776 Un indice, alors, lui donna à supposer qu'Hadjine Elizundo avait dû quitter l'île de Corfou. En effet, au petit port d'Alipa, dans l'ouest-nord-ouest de l'île, on lui apprit qu'un léger speronare venait récemment de prendre la mer, après avoir attendu deux passagers pour le compte desquels il avait été secrètement frété.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §777 En effet, lorsqu'il fut de retour à Corfou, il apprit que la sacolève, elle aussi, avait quitté le port. Et, ce qui ressortait de plus grave, c'est que ce départ s'était effectué le jour même où Hadjine Elizundo avait disparu. Devait-on voir un lien entre ces deux événements? La jeune fille, attirée dans quelque piège en même temps que Xaris, avait-elle été enlevée par force? N'était- elle pas maintenant au pouvoir du capitaine de la _Karysta_?
(L'archipel en feu, Jules Verne) §779 Aussi, Henry d'Albaret, bien certain qu'Hadjine Elizundo ne se trouvait plus à Corfou, se décida-t-il à reprendre sa place dans le corps des Philhellènes. Le colonel Fabvier était à Scio avec ses réguliers. Il résolut d'aller le rejoindre. Il quitta les îles Ioniennes, traversa la Grèce du Nord, passa les golfes de Patras et de Lépante, s'embarqua au golfe d'Égine, échappa, non sans peine, à quelques pirates qui écumaient la mer des Cyclades, et arriva à Scio, après une rapide traversée.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §782 De son côté, Henry d'Albaret lui apprit dans quelles conditions il était revenu à Corfou, quels avaient été ses rapports avec le banquier Elizundo, son mariage décidé et rompu, la disparition d'Hadjine qu'il ne désespérait pas de retrouver un jour.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §801 Henry d'Albaret était resté silencieux. Ses souvenirs de Corfou lui étaient revenus. Il se reprenait à songer à tout ce qu'il avait souffert, à tout ce qu'il devait souffrir encore loin d'Hadjine!
(L'archipel en feu, Jules Verne) §808 -- Un capitaine, commandant je ne sais quel navire suspect, répondit Henry d'Albaret, et qui a quitté Corfou aussitôt après la disparition d'Hadjine!
(L'archipel en feu, Jules Verne) §819 «Il y a une place à prendre dans l'état-major de la corvette _Syphanta_, de Corfou. Conviendrait-il au capitaine d'Albaret d'embarquer à son bord et de continuer la campagne commencée contre Sacratif et les pirates de l'Archipel?
(L'archipel en feu, Jules Verne) §837 En tout cas, la lutte serait ardente. En effet, si Nicolas Starkos ne pouvait comprendre comment Hadjine Elizundo se trouvait parmi ces captifs, pour lui, elle n'en était pas moins la riche héritière du banquier de Corfou. Ses millions ne pouvaient avoir disparu avec elle. Ils seraient toujours là pour la racheter à celui dont elle deviendrait l'esclave. Donc, aucun risque à surenchérir. Aussi Nicolas Starkos résolut-il de le faire avec d'autant plus de passion, d'ailleurs, qu'il s'agissait de lutter contre son rival, et son rival préféré!
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1197 Cependant, si Henry d'Albaret méritait la reconnaissance des passagers de la corvette, que méritait donc Hadjine pour ce qu'elle avait fait depuis son départ de Corfou?
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1240 Henry d'Albaret reçut la lettre par laquelle la jeune fille lui demandait pardon et lui disait adieu. Puis, en compagnie de son brave et dévoué Xaris, Hadjine quitta secrètement Corfou pour se rendre dans le Péloponnèse.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1245 Hadjine Elizundo se mit aussitôt en rapport avec l'agent qui représentait, à Corfou, les intérêts des armateurs de la _Syphanta_. Elle leur en fit offrir un tel prix que ceux-ci se décidèrent à la vendre. La corvette fut donc achetée sous le nom d'un banquier de Raguse, mais elle appartenait bien à l'héritière d'Elizondo, qui ne faisait qu'imiter les Bobolina, les Modena, les Zacharias et autres vaillantes patriotes, dont les navires, armés à leurs frais au début de la guerre de l'Indépendance, firent tant de mal aux escadres de la marine ottomane.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1252 Mais, en agissant ainsi, Hadjine avait eu la pensée d'offrir le commandement de la _Syphanta_ au capitaine Henry d'Albaret. Un homme à elle, un neveu de Xaris, marin d'origine grecque comme son oncle, avait secrètement suivi le jeune officier, aussi bien à Corfou, quand il fit tant d'inutiles recherches pour retrouver la jeune fille, qu'à Scio, lorsqu'il alla y rejoindre le colonel Fabvier.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1253 Après son départ de Corfou à bord de la _Karysta_, Sacratif avait directement fait voile pour Scarpanto. Son dessein était de reprendre ses campagnes dans l'Archipel, avec l'espoir de rencontrer la corvette, qu'il avait vue appareiller pour prendre la mer et dont il connaissait la destination. Cependant, tout en s'occupant de la _Syphanta_, il ne renonçait pas à retrouver Hadjine Elizundo et ses millions, pas plus qu'il ne renonçait à se venger d'Henry d'Albaret.
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1399 «Voilà Hadjine Elizundo entre les mains de Nicolas Starkos! dit-il en se croisant les bras. J'ai donc en mon pouvoir l'héritière du riche banquier de Corfou!
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1427 -- L'héritière du banquier de Corfou, mais non l'héritage!» répondit froidement Hadjine. Cette distinction, Sacratif ne pouvait la comprendre. Aussi reprit-il en disant:
(L'archipel en feu, Jules Verne) §1428 |
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