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25 citation(s) dans Candide (Voltaire). 7 citation(s) dans Du côté de chez Swann (Marcel Proust). 7 citation(s) dans La Chartreuse de Parme (Stendhal). 2 citation(s) dans Le Comte de Monte-Christo v1 (Alexandre Dumas Père). 1 citation(s) dans Le rouge et le noir (Stendhal). 1 citation(s) dans La Guerre et la Paix (Léon Tolstoï). 1 citation(s) dans Histoires extraordinaires (Edgar Allan Poe). 1 citation(s) dans Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne). 1 citation(s) dans Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand). Mais vous, mon cher Pangloss, dit Candide, comment se peut-il que je vous revoie? Il est vrai, dit Pangloss, que vous m'avez vu pendre; je devais naturellement être brûlé mais vous vous souvenez qu'il plut à verse lorsqu'on allait me cuire: l'orage fut si violent qu'on désespéra d'allumer le feu; je fus pendu, parcequ'on ne put mieux faire: un chirurgien acheta mon corps, m'emporta chez lui, et me disséqua. Il me fit d'abord une incision cruciale depuis le nombril jusqu'à la clavicule. On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je l'avais été. L'exécuteur des hautes oeuvres de la sainte inquisition, lequel était sous-diacre, brûlait à la vérité les gens à merveille, mais il n'était pas accoutumé à pendre: la corde était mouillée et glissa mal, elle fut mal nouée; enfin je respirais encore: l'incision cruciale me fit jeter un si grand cri, que mon chirurgien tomba à la renverse; et croyant qu'il disséquait le diable, il s'enfuit en mourant de peur, et tomba encore sur l'escalier en fuyant. Sa femme accourut au bruit d'un cabinet voisin: elle me vit sur la table étendu avec mon incision cruciale; elle eut encore plus de peur que son mari, s'enfuit, et tomba sur lui. Quand ils furent un peu revenus à eux, j'entendis la chirurgienne qui disait au chirurgien: Mon bon, de quoi vous avisez-vous aussi de disséquer un hérétique? ne savez-vous pas que le diable est toujours dans le corps de ces gens-là? je vais vite chercher un prêtre pour l'exorciser. Je frémis à ce propos, et je ramassai le peu de forces qui me restaient pour crier: Ayez pitié de moi! Enfin le barbier portugais s'enhardit: il recousit ma peau; sa femme même eut soin de moi; je fus sur pied au bout de quinze jours. Le barbier me trouva une condition, et me fit laquais d'un chevalier de Malte qui allait à Venise: mais mon maître n'ayant pas de quoi me payer, je me mis au service d'un marchand vénitien, et je le suivis à Constantinople.(Candide,Voltaire)
§347 En réalité, elle ne se résignait jamais à rien acheter dont on ne pût tirer un profit intellectuel, et surtout celui que nous procurent les belles choses en nous apprenant à chercher notre plaisir ailleurs que dans les satisfactions du bien-être et de la vanité. Même quand elle avait à faire à quelqu?un un cadeau dit utile, quand elle avait à donner un fauteuil, des couverts, une canne, elle les cherchait «anciens», comme si leur longue désuétude ayant effacé leur caractère d?utilité, ils paraissaient plutôt disposés pour nous raconter la vie des hommes d?autrefois que pour servir aux besoins de la nôtre. Elle eût aimé que j?eusse dans ma chambre des photographies des monuments ou des paysages les plus beaaux. Mais au moment d?en faire l?emplette, et bien que la chose représentée eût une valeur esthétique, elle trouvait que la vulgarité, l?utilité reprenaient trop vite leur place dans le mode mécanique de représentation, la photographie. Elle essayait de ruser et sinon d?éliminer entièrement la banalité commerciale, du moins de la réduire, d?y substituer pour la plus grande partie de l?art encore, d?y introduire comme plusieures «épaisseurs» d?art: au lieu de photographies de la Cathédrale de Chartres, des Grandes Eaux de Saint-Cloud, du Vésuve, elle se renseignait auprès de Swann si quelque grand peintre ne les avait pas représentés, et préférait me donner des photographies de la Cathédrale de Chartres par Corot, des Grandes Eaux de Saint-Cloud par Hubert Robert, du Vésuve par Turner, ce qui faisait un degré d?art de plus. Mais si le photographe avait été écarté de la représentation du chef-d??uvre ou de la nature et remplacé par un grand artiste, il reprenait ses droits pour reproduire cette interprétation même. Arrivée à l?échéance de la vulgarité, ma grand?mère tâchait de la reculer encore. Elle demandait à Swann si l??uvre n?avait pas été gravée, préférant, quand c?était possible, des gravures anciennes et ayant encore un intérêt au delà d?elles-mêmes, par exemple celles qui représentent un chef-d??uvre dans un état où nous ne pouvons plus le voir aujourd?hui (comme la gravure de la Cène de Léonard avant sa dégradation, par Morgan). Il faut dire que les résultats de cette manière de comprendre l?art de faire un cadeau ne furent pas toujours très brillants. L?idée que je pris de Venise d?après un dessin du Titien qui est censé avoir pour fond la lagune, était certainement beaucoup moins exacte que celle que m?eussent donnée de simples photographies. On ne pouvait plus faire le compte à la maison, quand ma grand?tante voulait dresser un réquisitoire contre ma grand?mère, des fauteuils offerts par elle à de jeunes fiancés ou à de vieux époux, qui, à la première tentative qu?on avait faite pour s?en servir, s?étaient immédiatement effondrés sous le poids d?un des destinataires. Mais ma grand?mère aurait cru mesquin de trop s?occuper de la solidité d?une boiserie où se distinguaient encore une fleurette, un sourire, quelquefois une belle imagination du passé. Même ce qui dans ces meubles répondait à un besoin, comme c?était d?une façon à laquelle nous ne sommes plus habitués, la charmait comme les vieilles manières de dire où nous voyons une métaphore, effacée, dans notre moderne langage, par l?usure de l?habitude. Or, justement, les romans champêtres de George Sand qu?elle me donnait pour ma fête, étaient pleins ainsi qu?un mobilier ancien, d?expressions tombées en désuétude et redevenues imagées, comme on n?en trouve plus qu?à la campagne. Et ma grand?mère les avait achetés de préférence à d?autres comme elle eût loué plus volontiers une propriété où il y aurait eu un pigeonnier gothique ou quelqu?une de ces vieilles choses qui exercent sur l?esprit une heureuse influence en lui donnant la nostalgie d?impossibles voyages dans le temps.
(Du côté de chez Swann,Marcel Proust)
§66 Cependant tous les voyageurs que Candide rencontra dans les cabarets de la route lui disaient: Nous allons à Paris. Cet empressement général lui donna enfin l'envie de voir cette capitale; ce n'était pas beaucoup se détourner du chemin de Venise.(Candide,Voltaire)
§222 L'exempt alors expliqua de quoi il s'agissait. Ah! les monstres! s'écria Candide; quoi! de telles horreurs chez un peuple qui danse et qui chante! Ne pourrai-je sortir au plus vite de ce pays où des singes agacent des tigres? J'ai vu des ours dans mon pays; je n'ai vu des hommes que dans le Dorado. Au nom de Dieu, monsieur l'exempt, menez-moi à Venise, où je dois attendre mademoiselle Cunégonde. Je ne peux vous mener qu'en Basse-Normandie, dit le barigel[12]. Aussitôt il lui fait ôter ses fers, dit qu'il s'est mépris, renvoie ses gens, emmène à Dieppe Candide et Martin, et les laisse entre les mains de son frère. Il y avait un petit vaisseau hollandais à la rade. Le Normand, à l'aide de trois autres diamants, devenu le plus serviable des hommes, embarque Candide et ses gens dans le vaisseau qui allait faire voile pour Portsmouth en Angleterre. Ce n'était pas le chemin de Venise; mais Candide croyait être délivré de l'enfer; et il comptait bien reprendre la route de Venise à la première occasion.(Candide,Voltaire)
§264 Candide fut si étourdi et si choqué de ce qu'il voyait et de ce qu'il entendait, qu'il ne voulut pas seulement mettre pied à terre, et qu'il fit son marché avec le patron hollandais (dût-il le voler comme celui de Surinam), pour le conduire sans délai à Venise.(Candide,Voltaire)
§272 |
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