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Ce n'était pas sans raison qu'Henry d'Albaret, après avoir pris le commandement de la corvette, avait fait voile vers le nord. Peu de jours avant son départ de Scio, des navires suspects venaient d'être signalés dans le voisinage de Lemnos et de Samothrace. Quelques caboteurs levantins avaient été pillés et détruits presque sur le littoral de la Turquie d'Europe. Peut-être ces pirates, depuis que la _Syphanta_ leur donnait si obstinément la chasse, jugeaient-ils à propos de se réfugier jusqu'aux parages septentrionaux de l'Archipel. De leur part, ce n'était que prudence.
(L'archipel en feu,Jules Verne)
§877 Mais, si la _Syphanta_ avait changé de mains, sa destination devait demeurer la même. Purger l'Archipel des bandits qui l'infestaient, rapatrier, au besoin, les prisonniers qu'elle pourrait délivrer sur sa route, ne point abandonner la partie qu'elle n'eût débarrassé ces mers du plus terrible des forbans, le pirate Sacratif, telle fut la mission qui lui resta imposée. Les réparations faites, le second reçut ordre d'aller croiser sur la côte nord de Scio, où devait se trouver le nouveau capitaine, qui allait devenir «maître après Dieu» à son bord.
(L'archipel en feu,Jules Verne)
§864 Aucune date et pas plus de signature qu'à la lettre arrivée à Scio. Et, lorsque Henry d'Albaret les eut comparées, il put s'assurer que toutes deux étaient de la même main.
(L'archipel en feu,Jules Verne)
§971 Bientôt, ce siège fut converti en une sorte de blocus, mais si insuffisamment fermé que les provisions et les munitions purent toujours être reçues par les assiégés. Quoi qu'il en soit, peut- être Fabvier serait-il parvenu à s'emparer de la citadelle, si son armée, que la famine affaiblissait de jour en jour, ne se fût répandue dans l'île pour piller et se nourrir. Or, ce fut dans ces conditions qu'une flotte ottomane, composée de cinq vaisseaux, put forcer le port de Scio et apporter aux Turcs un renfort de deux mille cinq cents hommes. Il est vrai que, peu de temps après, Miaoulis apparut avec son escadre pour venir en aide au colonel Fabvier, mais trop tard, et il dut se retirer.
(L'archipel en feu,Jules Verne)
§785 On comprend que les Hellènes voulussent ravir aux Turcs cette île superbe, magnifique joyau de ce chapelet des Sporades. Son ciel, le plus pur de l'Asie Mineure, lui fait un climat merveilleux, sans chaleurs extrêmes, sans froids excessifs. Il la rafraîchit au souffle d'une brise modérée, il la rend salutaire entre toutes les îles de l'Archipel. Aussi, dans un hymne attribué à Homère -- que Scio revendique comme un de ses enfants -- le poète l'appelle la «très grasse». Vers l'ouest, elle distille des vins délicieux qui rivaliseraient avec les meilleurs crus de l'antiquité, et un miel qui peut le disputer à celui de l'Hymette. Vers l'est, elle fait mûrir des oranges et des citrons, dont la renommée se propage jusqu'à l'Europe occidentale. Vers le sud, elle se couvre de ces diverses espèces de lentisques qui produisent une précieuse gomme, le mastic, si employé dans les arts et même en médecine -- grande richesse du pays. Enfin, dans cette contrée, bénie des dieux, poussent avec les figuiers, les dattiers, les amandiers, les grenadiers, les oliviers, tous les plus beaux types arborescents des zones méridionales de l'Europe.
(L'archipel en feu,Jules Verne)
§765 |
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