Grèce | Lemnos


Pendant la seconde quinzaine de mars, ce furent les terres de Lemnos, dont la corvette alla prendre connaissance. Cette île, la plus importante de ce fond de la mer Égée, longue de quinze lieues, large de cinq à six, n'avait pas été éprouvée, non plus que sa voisine Imbro, par la guerre de l'Indépendance; mais, à maintes reprises, les pirates étaient venus, et jusqu'à l'entrée de la rade, enlever des navires de commerce. La corvette, afin de se ravitailler, relâcha dans le port, alors très encombré. À cette époque, en effet, on construisait beaucoup de bâtiments à Lemnos, et, si, par crainte des forbans, on n'achevait point ceux qui étaient sur chantier, ceux qui était achevés n'osaient sortir. De là, l'encombrement. (L'archipel en feu,Jules Verne)   §881

Par ses ordres, cet homme s'embarqua comme matelot sur la corvette, au moment où elle reformait son équipage, après le combat de Lemnos. Ce fut lui qui fit parvenir à Henry d'Albaret les deux lettres écrites de la main de Xaris: la première, à Scio, où on lui marquait qu'il y avait une place à prendre dans l'état- major de la _Syphanta; _la seconde, qu'il déposa sur la table du carré, alors qu'il était de faction, et par laquelle rendez-vous était donné à la corvette pour les premiers jours de septembre sur les parages de Scarpanto. (L'archipel en feu,Jules Verne)   §1254

Tout ce début de la croisière dans l'Archipel, la corvette l'avait fait sous les ordres du capitaine Stradena. Les premières semaines de navigation furent assez heureuses, ainsi qu'il a été dit. Bâtiments détruits, prises importantes, c'était là bien commencer. Mais la campagne ne se fit pas sans des pertes très sensibles au détriment de l'équipage et du corps des officiers. Si, pendant assez longtemps, on fut sans nouvelles de la _Syphanta_, c'est que, le 27 février, elle avait eu un combat à soutenir contre une flottille de pirates, au large de Lemnos. (L'archipel en feu,Jules Verne)   §860

La flottille des pirates se mit donc à la recherche de la corvette; mais, bien que Sacratif eût entendu souvent parler d'elle et des représailles qu'elle avait infligées aux écumeurs du nord de l'Archipel, il ne parvint pas à tomber sur ses traces. Ce n'était point lui, comme on l'avait dit, qui commandait à ce combat de Lemnos, où le capitaine Stradena trouva la mort; mais c'était bien lui qui s'était enfui du port de Thasos sur la sacolève, à la faveur de la bataille que la corvette livrait en vue du port. Seulement, à cette époque, il ignorait encore que la _Syphanta_ fût passée sous le commandement d'Henry d'Albaret, et il ne l'apprit que lorsqu'il le vit sur le marché de Scarpanto. (L'archipel en feu,Jules Verne)   §1400

On s'en souvient, les négociants des îles Ioniennes épouvantés de cet état de choses commun à toutes les Échelles du Levant, s'étaient associés pour armer une corvette, destinée à donner la chasse aux pirates. Aussi, depuis cinq semaines, la _Syphanta_ avait-elle quitté Corfou, afin de rallier les mers de l'Archipel. Deux ou trois affaires, dont elle s'était heureusement tirée, la capture de plusieurs navires, à bon droit suspects, ne pouvaient que l'encourager à poursuivre résolument son oeuvre. Signalé à maintes reprises dans les eaux de Psara, de Scyros, de Zéa, de Lemnos, de Paros, de Santorin, son commandant Stradena remplissait sa tâche avec non moins de hardiesse que de bonheur. Seulement, il ne semblait pas qu'il eût encore pu rencontrer cet insaisissable Sacratif, dont l'apparition était toujours marquée par les plus sanglantes catastrophes. On entendait souvent parler de lui, on ne le voyait jamais. (L'archipel en feu,Jules Verne)   §770