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§550 --Je veux que la patte du diable me serve de crucifix à mon dernier jour, si je mens.--Que cette paire de boeufs me serve de poison..., etc.
§551 Ces luttes d'énergumènes durent quelquefois du matin jusqu'à la nuit. Enfin, après avoir attaqué et défendu pied à pied, sou par sou, la dernière pièce de cinq francs, on conclut le marché par des poignées de main qui, pour valoir signature, sont d'une telle vigueur que les yeux en sortent de la tête; mais discours, serments et accolades sont perdus dans la rumeur et la confusion environnantes; tandis que vingt musettes braillent à qui mieux mieux du haut des tréteaux, les propos des buveurs sous la ramée, les chansons de table, les cris des charlatans et des montreurs de curiosités _à l'esprit-de-vin_, l'antienne des mendiants, le grincement des vielles, le mugissement des animaux, forment un charivari à briser la cervelle la plus aguerrie. Il y a mille tableaux pittoresques à saisir, mille types bien accusés à observer. §552 Quelquefois la chose devient superbe et, en même temps, effrayante: c'est quand la panique prend dans le campement des animaux à cornes. _La jeunesse_ est particulièrement quinteuse, et parfois un taureau s'épouvante ou se fâche, on ne sait pourquoi, au milieu de cinq ou six cents autres, qui, au même instant, saisis de vertige, rompent leurs liens, renversent leurs conducteurs, et s'élancent comme une houle rugissante au milieu du champ de foire. La peur gagne bêtes et gens de proche en proche, et on a vu cette multitude d'hommes et d'animaux présenter des scènes de terreur et de désordre vraiment épouvantables. Une mouche était l'auteur de tout ce mal. §553 La foire de la Berthenoux a lieu tous les ans le 8 et le 9 septembre. Elle commence par la vente des bêtes à laine, et finit par celle des boeufs. Il s'y fait pour un million d'affaires, en moyenne. §554 §555 §556 VI §557 LES JARDINS EN ITALIE §558 §559 Depuis cent ans, les voyageurs en Italie ont jeté sur le papier et semé sur leur route beaucoup de malédictions contre le mauvais goût des _villégiatures_[17]. Le président de Brosses était, lui, un homme de goût, et nul, dans son temps, n'a mieux apprécié le beau classique, nul ne s'est plus gaiement moqué du rococo italien et des grotesques modernes mêlés partout aux élégances de la statuaire antique. Sur la foi de ce spirituel voyageur, bon nombre de touristes se croient obligés, encore aujourd'hui, de mépriser ces fantaisies de l'autre siècle avec une rigueur un peu pédantesque. §560 [Note 17: Un de nos amis n'aime pas cette expression, qui était familière à Érasme. Nous le prions toutefois de considérer que c'est ici le mot propre et qu'il ne serait même pas remplacé par une périphrase. On entend par _villégiature_ à la fois le plaisir dont on jouit dans les maisons de campagne italiennes, la temps que l'on y passe, et, par extension, ces villas elles-mêmes avec leurs dépendances.] |
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