George Sand | Nouvelles lettres d'un voyageur | France | Menton

Toutes les citations de ce lieu:
Pour gagner Menton, le lendemain matin, nous traversons une gorge qui ressemble aux plus fraîches retraites de l'Apennin du côté de Tivoli; les oliviers y sont superbes, les caroubiers monstrueux. Ceci doit être un _nid_ pour la botanique; mais peu de fleurs sont écloses, et nous passons trop vite. Nous courons et ne voyageons pas. Il faudrait revenir seul au mois de juin. Nous sommes gais quand même, parce que nous nous aimons les uns les autres, et parce que voir ainsi défiler des merveilles comme dans la confusion d'un rêve est, sinon un plaisir vrai, du moins une ivresse excitante. On revient de la frontière d'Italie à Cannes en quelques heures. Route excellente, aucun danger et aucune interruption dans la splendeur des tableaux; mais trop de rencontres, trop d'Anglais, trop de mendiants, trop de villas odieusement bêtes ou stupidement folles, un pays sublime, un ciel divin, empestés de civilisation idiote ou absurde. (Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand)  §241

Ce lieu s'appelle Montrieux, il est situé sur les hauteurs près des sources du Gapeau, à trente-deux kilomètres de Toulon. La route est belle, on va vite. On traverse des régions maigres et sèches, des collines pelées ou revêtues de terrasses d'oliviers petits et laids. Ce n'est pas avant Cannes qu'il faut voir l'olivier, on le prendrait en haine; mais là il est de plus en plus splendide jusqu'à Menton. On ne le taille pas, il devient futaie, il est monumental et primitif. (Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand)  §249