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82 citation(s) dans Les trois mousquetaires (Alexandre Dumas Père).
32 citation(s) dans La Chartreuse de Parme (Stendhal). 31 citation(s) dans Le Comte de Monte-Christo v1 (Alexandre Dumas Père). 30 citation(s) dans Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne). 15 citation(s) dans Nouvelles lettres d'un voyageur (George Sand). 13 citation(s) dans L'archipel en feu (Jules Verne). 10 citation(s) dans Candide (Voltaire). 10 citation(s) dans Eugénie Grandet (Balzac). 10 citation(s) dans Journal d'un sous-officier, 1870 (Amédée Delorme). 10 citation(s) dans Au bonheur des dames (Emile Zola). 10 citation(s) dans De la Terre à la Lune (Jules Verne). 9 citation(s) dans Du côté de chez Swann (Marcel Proust). 8 citation(s) dans Une ville flottante (Jules Verne). 7 citation(s) dans La Guerre et la Paix (Léon Tolstoï). 7 citation(s) dans Histoires extraordinaires (Edgar Allan Poe). 6 citation(s) dans Voyage au centre de la terre (Jules Verne). 5 citation(s) dans Michel Strogoff (Jules Verne). 4 citation(s) dans Cinq semaines en ballon (Jules Verne). 3 citation(s) dans Le Grand Meaulnes (Alain-Fournier). 2 citation(s) dans Le tour du monde en 80 jours (Jules Verne). 2 citation(s) dans Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand). Il y a à Pamphili d'assez belles eaux, des grottes, des cascades, des lacs et des rivières. C'est grand pour un jardin particulier, et le _rococo_, dont je ne suis pas du tout l'ennemi, y est plus agréable que ce qui nous en reste en France. C'est plus franchement adopté, et ils ont employé pour leurs rocailles des échantillons minéralogiques d'une grande beauté. Tivoli et la Solfatare qui l'avoisine ont fourni des pétrifications curieuses et des débris volcaniques superbes à toutes les villas de la contrée. Ces fragments étranges, couverts de plantes grimpantes, de folles herbes, et de murmurantes eaux, sont très-amusants à regarder, je vous assure.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §22 Un autre jour, nous voici sur la Corniche, trottant sur une route que surplombent et que supportent follement des calcaires en ruine. Ici, la France finit splendidement par une muraille à pic ou à ressauts vertigineux qui s'écroule par endroits dans la Méditerranée. On côtoie les dernières assises de cette crête altière, et pendant des heures l'oeil plonge dans les abîmes. Ici, la lumière enivre, car tout est lumière; l'immense étendue de mer que l'on domine vous renvoie l'éblouissement d'une clarté immense, et son reflet sur les rochers, les flots et les promontoires qu'elle baigne, produit des tons qui deviennent froids et glauques en plein soleil, comme les objets que frappe la lumière électrique. A la distance énorme qui vous élève au-dessus du rivage, vous percevez le moindre détail ainsi éclairé avec une netteté invraisemblable. C'est bien réellement une féerie que le panorama de la Corniche. Les rudes décombres de la montagne y contrastent à chaque instant avec la vigoureuse végétation des ses pentes et la fraîcheur luxuriante de ses fissures arrosées de fines cascades. L'eau courante manque toujours un peu dans ces pays de la soif; mais il y a tant d'oranges et de citrons sur les terrasses de l'abîme que l'on oublie l'aspect aride des sommets, et qu'on se plaît au désordre hardi des éboulements. Les sinuosités de la côte offrent à chaque pas un décor magique. Les ruines d'Eza, plantées sur un cône de rocher, avec un pittoresque village en pain de sucre, arrêtent forcément le regard. C'est le plus beau point de vue de la route, le plus complet, le mieux composé. On a pour premiers plans la formidable brèche de montagne qui s'ouvre à point pour laisser apparaître la forteresse sarrasine au fond d'un abîme dominant un autre abîme. Au-dessus de cette perspective gigantesque, où la grâce et l'âpreté se disputent sans se vaincre, s'élève à l'horizon maritime un spectre colossal. Au premier aspect, c'est un amas de nuages blancs dormant sur la Méditerranée; mais ces nuages ont des formes trop solides, des arêtes trop vives: c'est une terre, c'est la Corse avec son monumental bloc de montagnes neigeuses, dont trente lieues vous séparent; plus loin, vous découvrez d'autres cimes, d'autres neiges séparées par une autre distance inappréciable. Est-ce la Sardaigne, est-ce l'Apennin? Je ne m'oriente plus.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §235 Mon cher ami, après avoir vu cette limite méridionale incomparablement belle de notre France, j'ai reporté ma pensée tout naturellement à la limite nord que je côtoyais l'automne dernier, et j'ai trouvé mon coeur plus tendre pour le pays des vents tièdes et des grands arbres baignés de brume. Le souvenir que l'on emporte des côtes de Normandie, c'est un parfum de forêts et d'algues qui s'attache à vous: ce qui vous reste des rivages de la Provence, c'est un vertige de lumière et d'éblouissements. Et ce qu'il y a encore de mieux, c'est notre France centrale, avec son climat souple et chaud, ses hivers rapidement heurtés de glace et de soleil, ses pluies abondantes et courtes, sa flore et sa faune variées comme le sol, où s'entre-croisent les surfaces des diverses formations géologiques, son caractère éminemment rustique, son éloignement des grands centres d'activité industrielle, ses habitudes de silence et de sécurité. Je l'ai passionnément aimé, notre humble et obscur pays, parce qu'il était mon pays et que j'avais reçu de lui l'initiation première; je l'aime dans ma vieillesse avec plus de tendresse et de discernement, parce que je le compare aux nombreuses stations où j'ai cherché ou rêvé un nid. Toutes étaient plus séduisantes, aucune aussi propice au fonctionnement normal et régulier de la vie physique et morale. Notre Berry a beau être laid dans la majeure partie de sa surface, il a ses oasis que nous connaissons et que les étrangers ne dénicheront guère. Un petit pèlerinage tous les ans dans nos granits et dans nos micaschistes vaut toutes les excursions dans le nord ou dans le midi de l'Europe pour qui sait apprécier le charme et se passer de l'éclat.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §242 La langue de notre pays de France, la langue romane, presque aussi harmonieuse que celle des Grecs, au dire des connaisseurs, avait comme elle différents dialectes. Les deux principaux étaient le _provençal_ et le _français_ proprement dit, autrement la langue d'_oc_ et la langue d'_oil_.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §424 Il y a en France environ cinq mille cinq cents émigrés polonais. De ce nombre, cinq cents vivent sans subsides, des débris de leur fortune. Trois mille travaillent, et, sans distinction de rang, comme, hélas! sans distinction de forces physiques, se livrent aux professions les plus pénibles. Les proscrits ne se plaignent pas et ne demandent rien. Loin de se croire humiliés, ils portent noblement la misère qui est le partage des durs travaux. Ils remuent la terre sur les grandes routes, ils font mouvoir des machines dans les manufactures. Les fils des compagnons de Jean Sobieski ne sont plus soldats, ils sont ouvriers pour ne pas être mendiants sur une terre étrangère. Quatre cent cinquante autres émigrés suivent l'enseignement de nos savants dans différentes écoles.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §489 «On ne peut pas mettre en doute que les courses ne soient à présent plutôt une question de jeu qu'une amélioration de race; il suffit, pour être édifié à cet égard, de voir comment les choses se passent aussi bien en Angleterre qu'en France.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §514 »N'en est-il pas de même, chez nous? Que deviennent la plupart de ces chevaux de noble origine, élevés d'abord avec tant de frais? Défleuris, estropiés, altérés dans leur santé par l'entraînement, ils sortent de l'hippodrome souvent pour être vendus à vil prix, et le produit de cette vente doit servir de dédommagement aux frais énormes faits pour leur éducation. Avec de semblables résultats, bien rares en exceptions, le jeu devient une conséquence; ne faut-il pas se couvrir des frais exorbitants de l'entraînement et de toutes les chances défavorables qui en émanent, et chercher, dans le hasard, des chances pouvant devenir plus propices; aussi, en France comme en Angleterre, le motif réel, essentiel des courses, a-t-il été effacé: ce n'est plus qu'un vaste champ d'agiotage subventionné chez nous par l'État.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §516 C'est un hameau entre Linières et Issoudun, sur la route de communication qui côtoie le plateau de la vallée Noire. Une très-jolie église gothique et un vieux château, jadis abbaye fortifiée, aujourd'hui ferme importante, embellissent cette bourgade, située d'ailleurs dans un paysage agréable; c'est là que se tient annuellement, dans une prairie d'environ cent boisselées (plus de six hectares), une des foires les plus importantes du centre de la France. On évalue de douze à treize mille têtes le bétail qui s'y est présenté cette année: quatre cents paires de boeufs de travail, trois cents génisses et taureaux, denrée que l'on désigne communément dans le pays sous le nom de _jeunesse_ (un métayer se fait entendre on ne peut mieux quand il vous dit qu'il va _mener sa jeunesse_ en foire pour s'en défaire); trois cents vaches, douze cents chevaux, quatre mille bêtes à laine, trois cents chèvres, et une centaine d'ânes. Ajoutez à cela ces animaux que le paysan méticuleux ne nomme pas sans dire: _sauf votre respect_, c'est-à-dire trois mille porcs, qui ont un champ de foire particulier de quatre-vingts boisselées d'étendue, et vous aurez la moyenne d'un des grands marchés de bestiaux du Berry.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §543 Parmi ces fantaisies du commencement du dernier siècle que stigmatisaient déjà les puristes venus de France trente ou quarante ans plus tard, il en est effectivement de fort laides dans leur détail: mais l'ensemble en est presque toujours agréable, coquet et amusant pour les yeux. C'est dans leurs jardins surtout que les seigneurs italiens déployaient ces richesses d'invention puériles que l'on ne voit pourtant pas disparaître sans regret:
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §562 Ce n'est pas seulement en France que ces magnifiques ornements de la terre ont disparu. Dans nos voyages, nous les avons toujours cherchés et nous sommes convaincus que sur les grandes étendues de pays ils n'existent plus. On fait très-bien des journées de marche en France, en Italie et en Espagne, sans rencontrer un seul massif véritablement important, et, dans les forêts mêmes, il n'est presque plus de sanctuaires réservés au développement complet de la vie végétale.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §586 Sans aller si loin, il y a autour de nous, en France, quand on les cherche et que l'on arrive à les trouver, des aspects d'une beauté toute différente, il est vrai, mais plus pénétrante et plus délicate que cette rude beauté du Latium. Aimons l'une et l'autre, et que chaque école d'artiste y trouve sa volupté. Pour nous, il faudra toujours garder une secrète préférence pour certains coins de notre patrie. En dehors du sentiment national, que l'on ne répudie pas à son gré, il est des jouissances de contemplation que nous n'avons point trouvées ailleurs. Certains recoins ignorés dans la Creuse et dans l'Indre ont réalisé pour nous le rêve des forêts vierges. Dans des localités humides et comme abandonnées, nous avons pénétré sous des ombrages dont l'épaisseur admirable n'ôtait rien à la transparence et au vague délicieux. Là, tout aussi bien que dans la forêt fermée de Laricia et sur les roches de Tivoli, les plantes grimpantes avaient envahi les tiges séculaires et s'enlaçaient en lianes verdoyantes aux branches des châtaigniers, des hêtres et des chênes. La mousse tapissait les branches, et la fougère hérissait de ses touffes découpées le corps des arbres, de la base au faîte. Dans leur creux, des touffes de trèfle forestier semblaient s'être réfugiées et sortaient en bouquet de chaque fissure. Les blocs granitiques, embrassés et dévorés par les racines, étaient soulevés et comme incrustés dans le flan des arbres. Enfin, ce que j'ai en vain cherché en Italie, ce que je n'ai remarqué que là, en plein midi, le soleil, tamisé par le feuillage serré mais diaphane, laissait tomber sur le sol et sur les fûts puissants des hêtres, des reflets froids et bleuâtres comme ceux de la lune.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §593 En résumé, les arbres à feuillage persistant ont plus d'audace et d'étrangeté dans leur attitude; mais ils manquent tout à fait de cette finesse de tons et de cette grâce de contours qui caractérisent les essences forestières de nos climats. Les cyprès monumentaux de la villa Mandragone, à Frascati, ont, à coup sûr, un grand caractère; mais ces plantes à centuple tige, réunies en faisceau comme des colonnettes sarrasines, ressemblent trop à de l'architecture. Ils sont si noirs qu'ils font tache dans l'ensemble. La brise ne les caresse point, la tempête seule les émeut. Aussi, quand, aux approches du Clitumne et de l'Arno, on revoit les peupliers et les saules, on croit reprendre possession de l'air et de la vie. En Provence, on se croit encore un peu trop en Italie et pas assez en France; mais, quand on gagne nos provinces du Centre, moins riches de grands mouvements du sol, on est dédommagé par l'abondance et la tranquille majesté de la végétation. Les noyers énormes des bords de la Creuse sont mille fois plus beaux que les beaux orangers de Majorque, et il semble que, dans la variété harmonieuse de nos arbres indigènes, les tilleuls, les érables, les trembles, les aunes, les charmes, les cormiers, les frênes, etc., il y ait quelque chose qui ressemble à l'intelligence étendue et profonde des artistes féconds, comparée au génie étroit et orgueilleux des poëtes monocordes.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §594 Quant à la beauté des lignes, si vantée par les amants exclusifs de la nature méridionale, nous l'avons goûtée aussi, mais sans pouvoir la trouver supérieure à celle de nos forêts de France. Il y a, dans l'effet magistral de nos grandes avenues, des masses plus harmonieusement disposées et vraiment mieux dessinées par la structure des arbres qui les composent. Enfin, nous nous résumerons en disant que l'éternelle verdure des climats chauds est inséparable d'une éternelle monotonie, non-seulement de couleur, mais de formes dures qui excluent la grâce touchante et peut-être la véritable majesté.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §595 Aujourd'hui, rien n'entrave plus les déluges qui pèlent le sol et l'entraînent à la mer, tandis que dans les temps secs, les sources, privées d'ombre, tarissent et que l'aridité se propage. Si la France ne daigne pas intervenir, ou si les colons ne se rendent pas aux plus simples calculs de la prévoyance, on peut prédire la ruine et l'abandon prochains de cette perle des mers que les anciens navigateurs saluèrent du nom d'_Éden_, et qui, épuisée et mutilée par la main de l'homme, secouera son joug et rentrera dans le domaine de Dieu. C'est une leçon qu'il tient en réserve, en France aussi bien qu'ailleurs, pour les populations qui méconnaissent les lois de l'équilibre providentiel, et abusent de leurs droits sur la terre. A l'homme sans doute est dévolue la mission d'explorer et d'exploiter; mais l'intelligence lui a été départie pour épargner à propos, prévoir l'avenir, et chercher dans la nature même le préservatif de son existence. Les forêts lui avaient été données comme réservoirs inépuisables de la fécondité du sol et comme remparts contre les crises atmosphériques. Il a violé tous les sanctuaires. Plus aveugle et plus ignorant que ses ancêtres, il a porté la hache jusqu'au plus épais de la forêt sacrée. En Amérique, il s'acharne avec fureur contre le monde primitif qui lui livre un sol admirablement nourri et préservé depuis les premiers âges de la végétation. L'oeuvre de dévastation s'accomplit. Nous aurons du blé, du sucre et du coton jusqu'à ce que la terre fatiguée se révolte et jusqu'à ce que le climat nous refuse la vie.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §611 Reçu avocat après 1830, Planet habita Bourges et apprit la science des affaires avec Michel. Il fit, sous sa direction, la _Revue du Cher_ avec M. Duplan, aujourd'hui rédacteur du _Pays_, puis vint s'établir à la Châtre, où il acheta une étude d'avoué qui prospéra entre ses mains et lui créa des relations étendues et variées qu'il a gardées, comme autant d'amitiés fidèles, jusqu'à sa mort. Il les a dues autant à sa remarquable capacité qu'à son activité infatigable, et à un zèle dont ses clients ont su lui tenir compte. Nommé préfet du Cher sous le général Cavaignac, il a été d'emblée un des meilleurs administrateurs de France, et grâce â son esprit liant et persuasif, il a exercé des fonctions calmes et faciles dans des temps difficiles et troublés. Envoyé à la préfecture de la Corrèze à l'avènement de la Présidence, il donna sa démission, n'ayant jamais eu d'autre ambition que celle d'être utile dans sa province. L'Assemblée nationale s'occupait alors de composer le Conseil d'État, Planet y obtint un nombre de voix insuffisant, mais assez élevé pour témoigner de son mérite et de la considération dont il jouissait. Depuis, il a vécu à la campagne, adonné à la culture d'un admirable jardin créé par lui sur des collines sauvages, dans le but principal d'occuper de nombreux ouvriers sans ressources. Il avait aussi l'espoir de combattre, par le mouvement et la volonté, l'incurable mal qui détruisait son être. Jusqu'à son dernier jour, il a conservé cette volonté de vivre pour être utile et serviable; jusqu'à sa dernière heure, il s'est préoccupé du bonheur de ses amis, du bien-être des malheureux, de la charité, de l'affection et du devoir.
(Nouvelles lettres d'un voyageur, George Sand) §654 |
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