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4 citation(s) dans Au bonheur des dames (Emile Zola). 1 citation(s) dans Le Comte de Monte-Christo v1 (Alexandre Dumas Père). Le fiacre roulait, on arriva à la gare de Vincennes, juste pour un train. C'était Baugé qui payait; mais Denise avait déclaré qu'elle entendait prendre sa part des dépenses; on réglerait le soir. Ils montèrent en secondes, toute une gaieté bourdonnante s'échappait des wagons. À Nogent, une noce débarqua, au milieu des rires. Enfin, ils descendirent à Joinville, passèrent dans l'île toute de suite, pour commander le déjeuner; et ils restèrent là, le long des berges, sous de hauts peupliers qui bordaient la Marne. L'ombre était froide, une haleine vive soufflait dans le soleil, élargissait au loin, sur l'autre rive, la pureté limpide d'une plaine, déroulant des cultures. Denise s'attardait derrière Pauline et son amant, qui marchaient les bras à la taille; elle avait cueilli une poignée de boutons d'or, elle regardait l'eau couler, heureuse, le coeur défaillant, baissant la tête, quand Baugé se penchait pour baiser la nuque de son amie. Des larmes lui montèrent aux yeux. Cependant, elle ne souffrait pas. Qu'avait- elle à étouffer ainsi, et pourquoi cette vaste campagne, où elle s'était promis tant d'insouciance, l'emplissait-elle d'un regret vague dont elle n'aurait pu dire la cause? Puis, au déjeuner, les rires bruyants de Pauline l'étourdirent. Celle-ci, qui adorait la banlieue d'une passion de cabotine vivant au gaz, dans l'air épais des foules, avait voulu manger sous un berceau, malgré la fraîcheur du vent. Elle s'égayait des souffles brusques qui rabattaient la nappe, elle trouvait drôle la tonnelle, nue encore, avec son treillage repeint, dont les losanges se découpaient sur le couvert. D'ailleurs, elle dévorait, d'une gourmandise affamée de fille mal nourrie au magasin, se donnant dehors une indigestion des choses qu'elle aimait; c'était son vice, tout son argent passait là, en gâteaux, en crudités, en petits plats dégustés lestement aux heures libres. Comme Denise semblait avoir assez des oeufs, de la friture et du poulet sauté, elle se retint, elle n'osa commander des fraises, une primeur encore chère, de crainte de trop augmenter l'addition.
(Au bonheur des dames,Emile Zola)
§993 Lui, venait de prendre un restaurant à Vincennes. C'était un rêve ancien, nourri sournoisement tandis qu'il se débattait dans les soies, tremblant de ne pas trouver à vendre son fonds avant la débâcle, se jurant de mettre son pauvre argent dans un commerce où l'on pût voler à l'aise. Cette idée d'un restaurant lui était venue après la noce d'un cousin: la bouche allait toujours, on leur avait fait payer dix francs de l'eau de vaisselle, où nageaient des pâtes. Et, devant Robineau, sa joie de leur avoir mis sur les épaules une mauvaise affaire dont il désespérait de se débarrasser, élargissait encore sa face aux yeux ronds et à la grande bouche loyale, qui crevait de santé.
(Au bonheur des dames,Emile Zola)
§1405 C'était Jean, en effet, Jean effaré qui arrivait pour dîner. Quand on lui dit que huit heures sonnaient, il demeura béant! Pas possible, il sortait de chez son patron. On le plaisanta, sans doute il avait pris par le bois de Vincennes. Mais, dès qu'il put s'approcher de sa soeur, il lui souffla très bas:
(Au bonheur des dames,Emile Zola)
§1579 «Et puis, continua Faria, depuis tantôt douze ans que je suis en prison, j'ai repassé dans mon esprit toutes les évasions célèbres. Je n'ai vu réussir que rarement les évasions. Les évasions heureuses, les évasions couronnées d'un plein succès, sont les évasions méditées avec soin et lentement préparées; c'est ainsi que le duc de Beaufort s'est échappé du château de Vincennes; l'abbé Dubuquoi du Fort-l'Évêque, et Latude de la Bastille. Il y a encore celles que le hasard peut offrir: celles-là sont les meilleures; attendons une occasion, croyez-moi, et si cette occasion se présente, profitons-en.(Le Comte de Monte-Christo v1,Alexandre Dumas Père)
§2010 Tout fut réglé. Baugé devait venir prendre ces demoiselles à huit heures, sur la place Gaillon; de là, on irait en fiacre à la gare de Vincennes. Denise, dont les vingt-cinq francs d'appointements fixes étaient chaque mois dévorés par les enfants, n'avait pu que rafraîchir sa vieille robe de laine noire, en la garnissant de biais de popeline à petits carreaux; et elle s'était fait elle- même un chapeau, avec une forme de capote recouverte de soie et ornée d'un ruban bleu. Dans cette simplicité, elle avait l'air très jeune, un air de fille grandie trop vite, d'une propreté de pauvre, un peu honteuse et embarrassée du luxe débordant de ses cheveux, qui crevaient la nudité de son chapeau. Au contraire, Pauline étalait une robe de soie printanière, à raies violettes et blanches, une toque appareillée, chargée de plumes, des bijoux au cou et aux mains, toute une richesse de commerçante cossue. C'était comme une revanche de la semaine, de la soie le dimanche, lorsqu'elle se trouvait condamnée à la laine dans son rayon; tandis que Denise, qui traînait sa soie d'uniforme du lundi au samedi, reprenait le dimanche la laine mince de sa misère.
(Au bonheur des dames,Emile Zola)
§980 |
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