France | Provence


Mais non, mon cher _Micro_, je ne suis plus au pays des anémones, je suis au doux pays de la famille, où vient de nous fleurir une petite plante plus intéressante que toutes celles de nos herbiers. Le beau soleil qui rit dans sa chambre et la douce brise de printemps qui effleure son rideau de gaze sont les divinités que j'invoque en ce moment pour elle, et je laisse les cactus et les dattiers de la Provence aux baisers du mistral, qu'ils ont la force de supporter. (Nouvelles lettres d'un voyageur,George Sand)   §190

Le lendemain, il faisait un vent assez aigre à l'île Sainte-Marguerite. La _passerina hirsuta_ tapisse le rivage du côté ouest. Elle est en fleurs blanche et jaunes. On me dit qu'elle ne croît que là dans toute la Provence. Par exemple, elle abonde au Brusc, dans les petites anses qui déchiquettent le littoral, mais toujours tournée vers l'occident. Est-ce un hasard ou une habitude? (Nouvelles lettres d'un voyageur,George Sand)   §218

-- Ami Ned, répondis-je, je ne désespère pas comme vous de ce vaillant ?Nautilus?, et dans quatre jours nous saurons à quoi nous en tenir sur les marées du Pacifique. D'ailleurs, le conseil de fuir pourrait être opportun si nous étions en vue des côtes de l'Angleterre ou de la Provence, mais dans les parages de la Papouasie, c'est autre chose, et il sera toujours temps d'en venir à cette extrémité, si le Nautilus ne parvient pas à se relever, ce que je regarderais comme un événement grave. (Vingt mille lieues sous les mers,Jules Verne)   §1316

Il y aurait pourtant ici, dans ce lieu enchanté, le long de ces eaux limpides, au pied de ces roches théâtrales, sous l'ombre fraîche de ces beaux arbres, dans ces clairières baignées de soleil où croissent de si belles fleurs et de si sveltes graminées, une vie à vivre dans les délices de l'étude ou du recueillement. Cette oasis de la Provence n'existe pas pour rien, elle n'a pas été créée pour des chartreux, ni même pour des entomologistes exclusifs; sa beauté suave appartient au peintre, au poëte, au philosophe, à l'érudit, à l'amant et à l'ami, tout comme au botaniste et au géologue. Il faudrait être tout cela pour habiter ce sanctuaire. Où sont les hommes dignes de s'y réfugier et de le posséder avec le respect qu'il inspire? Voilà ce que l'on se demande chaque fois que l'on rencontre un vestige du beau primitif, dans des conditions de douceur appropriées à l'existence humaine. On pourrait vivre ici de chasse et de pêche, de fruits et de légumes; le sol est excellent. On n'y serait pas enfermé et séparé du reste des hommes; les chemins sont beaux en toute saison, et il faudrait d'ailleurs y vivre en famille, car sans famille il n'y a rien à la longue qui vaille sous le ciel. Il faudrait aussi y être tous occupés de choses tour à tour intellectuelles et pratiques, que le ménage occupât les femmes sans les abrutir, et que le travail passionnât les hommes sans les absorber et les rendre insociables. (Nouvelles lettres d'un voyageur,George Sand)   §280

Notre santé à tous se maintenait dans un état très satisfaisant. Le régime du bord nous convenait parfaitement, et pour mon compte, je me serais bien passé des variantes que Ned Land, par esprit de protestation, s'ingéniait à y apporter. De plus, dans cette température constante, il n'y avait pas même un rhume à craindre. D'ailleurs, ce madréporaire Dendrophyllée, connu en Provence sous le nom de « Fenouil de mer », et dont il existait une certaine réserve à bord, eût fourni avec la chair fondante de ses polypes une pâte excellente contre la toux. (Vingt mille lieues sous les mers,Jules Verne)   §1796