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?«Comptez-y, madame Octave, répondait le curé. Mais c?est justement Monseigneur qui a attaché le grelot à cette malheureuse verrière en prouvant qu?elle représente Gilbert le Mauvais, sire de Guermantes, le descendant direct de Geneviève de Brabant qui était une demoiselle de Guermantes, recevant l?absolution de Saint-Hilaire.»
(Du côté de chez Swann,Marcel Proust)
§259 ?Ah! Mais qu?ils aient des choses intéressantes au point de vue de l?histoire, je ne vous dis pas. Mais ça ne peut pas être beau... puisque c?est horrible! Moi j?ai aussi des choses comme ça que Basin a héritées des Montesquiou. Seulement elles sont dans les greniers de Guermantes où personne ne les voit. Enfin, du reste, ce n?est pas la question, je me précipiterais chez eux avec Basin, j?irais les voir même au milieu de leurs sphinx et de leur cuivre si je les connaissais, mais... je ne les connais pas! Moi, on m?a toujours dit quand j?étais petite que ce n?était pas poli d?aller chez les gens qu?on ne connaissait pas, dit-elle en prenant un ton puéril. Alors, je fais ce qu?on m?a appris. Voyez-vous ces braves gens s?ils voyaient entrer une personne qu?ils ne connaissent pas? Ils me recevraient peut-être très mal! dit la princesse.
(Du côté de chez Swann,Marcel Proust)
§904 ?«Là, Françoise, disait ma tante, quand je vous le disais, qu?ils seraient allés du côté de Guermantes! Mon dieu! ils doivent avoir une faim! et votre gigot qui doit être tout desséché après ce qu?il a attendu. Aussi est-ce une heure pour rentrer! comment, vous êtes allés du côté de Guermantes!»
(Du côté de chez Swann,Marcel Proust)
§327 Car il y avait autour de Combray deux «côtés» pour les promenades, et si opposés qu?on ne sortait pas en effet de chez nous par la même porte, quand on voulait aller d?un côté ou de l?autre: le côté de Méséglise-la-Vineuse, qu?on appelait aussi le côté de chez Swann parce qu?on passait devant la propriété de M. Swann pour aller par là, et le côté de Guermantes. De Méséglise-la-Vineuse, à vrai dire, je n?ai jamais connu que le «côté» et des gens étrangers qui venaient le dimanche se promener à Combray, des gens que, cette fois, ma tante elle-même et nous tous ne «connaissions point» et qu?à ce signe on tenait pour «des gens qui seront venus de Méséglise». Quant à Guermantes je devais un jour en connaître davantage, mais bien plus tard seulement; et pendant toute mon adolescence, si Méséglise était pour moi quelque chose d?inaccessible comme l?horizon, dérobé à la vue, si loin qu?on allât, par les plis d?un terrain qui ne ressemblait déjà plus à celui de Combray, Guermantes lui ne m?est apparu que comme le terme plutôt idéal que réel de son propre «côté», une sorte d?expression géographique abstraite comme la ligne de l?équateur, comme le pôle, comme l?orient. Alors, «prendre par Guermantes» pour aller à Méséglise, ou le contraire, m?eût semblé une expression aussi dénuée de sens que prendre par l?est pour aller à l?ouest. Comme mon père parlait toujours du côté de Méséglise comme de la plus belle vue de plaine qu?il connût et du côté de Guermantes comme du type de paysage de rivière, je leur donnais, en les concevant ainsi comme deux entités, cette cohésion, cette unité qui n?appartiennent qu?aux créations de notre esprit; la moindre parcelle de chacun d?eux me semblait précieuse et manifester leur excellence particulière, tandis qu?à côté d?eux, avant qu?on fût arrivé sur le sol sacré de l?un ou de l?autre, les chemins purement matériels au milieu desquels ils étaient posés comme l?idéal de la vue de plaine et l?idéal du paysage de rivière, ne valaient pas plus la peine d?être regardés que par le spectateur épris d?art dramatique, les petites rues qui avoisinent un théâtre. Mais surtout je mettais entre eux, bien plus que leurs distances kilométriques la distance qu?il y avait entre les deux parties de mon cerveau où je pensais à eux, une de ces distances dans l?esprit qui ne font pas qu?éloigner, qui séparent et mettent dans un autre plan. Et cette démarcation était rendue plus absolue encore parce que cette habitude que nous avions de n?aller jamais vers les deux côtés un même jour, dans une seule promenade, mais une fois du côté de Méséglise, une fois du côté de Guermantes, les enfermait pour ainsi dire loin l?un de l?autre, inconnaissables l?un à l?autre, dans les vases clos et sans communication entre eux, d?après-midi différents.
(Du côté de chez Swann,Marcel Proust)
§329 Je dînai avec Legrandin sur sa terrasse; il faisait clair de lune: «Il y a une jolie qualité de silence, n?est-ce pas, me dit-il; aux c?urs blessés comme l?est le mien, un romancier que vous lirez plus tard, prétend que conviennent seulement l?ombre et le silence. Et voyez-vous, mon enfant, il vient dans la vie une heure dont vous êtes bien loin encore où les yeux las ne tolèrent plus qu?une lumière, celle qu?une belle nuit comme celle-ci prépare et distille avec l?obscurité, où les oreilles ne peuvent plus écouter de musique que celle que joue le clair de lune sur la flûte du silence.» J?écoutais les paroles de M. Legrandin qui me paraissaient toujours si agréables; mais troublé par le souvenir d?une femme que j?avais aperçue dernièrement pour la première fois, et pensant, maintenant que je savais que Legrandin était lié avec plusieurs personnalités aristocratiques des environs, que peut-être il connaissait celle-ci, prenant mon courage, je lui dis: «Est-ce que vous connaissez, monsieur, la... les châtelaines de Guermantes», heureux aussi en prononçant ce nom de prendre sur lui une sorte de pouvoir, par le seul fait de le tirer de mon rêve et de lui donner une existence objective et sonore.
(Du côté de chez Swann,Marcel Proust)
§310 |
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