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Toutes les citations de ce lieu:
Le 9 novembre, tandis que la première armée de la Loire remportait sans nous la victoire de Coulmiers, le régiment reçut l'ordre de se diriger sur Nevers, par les voies dites rapides. A la nuit, les trois bataillons s'acheminèrent vers la gare; mais les deux premiers purent seuls être embarqués, faute de matériel roulant. Nous les suivîmes le lendemain matin, et vingt-quatre heures après nous atteignions notre nouvelle destination.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §202 Sur une vaste promenade plantée en quinconce, douze clairons rassemblés lançaient l'allègre sonnerie du réveil, soutenus par le roulement cadencé des tambours. Là, au milieu de Nevers, s'élevait comme une autre ville. Véritable ville lilliputienne, avec ses petites maisons blanches identiques, avec ses étroites avenues et son carrefour central où se dressait la tente du colonel. Dominant toutes les autres, cette tente semblait, ainsi qu'un clocher de village, étendre sa protection tout à l'entour. Quand, de chacun de ces petits abris fragiles, se glissèrent au dehors six hommes tous semblables, qui paraissaient sortir de terre et dominaient de deux coudées leurs demeures, on eût dit d'une innombrable foule de géants.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §203 Le quatrième jour enfin, le ciel, au réveil, nous apparut tout bleu, sans un nuage. Le soleil se montra, et tous les hommes profitaient avec joie de ses rayons bienfaisants pour sécher leurs vêtements et se dégourdir comme des lézards. Libre de toute corvée, j'allai avec Nareval visiter une immense construction, un couvent, je crois, qui se dressait à proximité, quand le clairon sonna à l'ordre. Nous revenons au pas de course. Départ immédiat. Il est onze heures, et à une heure le régiment doit se trouver à la gare de Nevers.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §216 La vie de Nevers se continua là, par un temps meilleur. J'y achevai plus agréablement mon apprentissage de fourrier. Il ne me laissait pas un instant de liberté, même pour assister aux exercices. Préparation des bons, direction des corvées, distributions de toute nature. Il n'y avait pas de temps à perdre pour arriver à tout. Ce ne fut pas d'ailleurs sans une certaine émotion que je pris charge des 18 000 cartouches destinées à ma compagnie. Quatre-vingt-dix pour chacun de nous. Sur les recommandations réitérées de M. Eynard, nous les logeâmes dans le havresac, douillettement, de manière à les bien garantir de l'humidité.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §229 Ces soins divers, multiples, nous absorbaient entièrement. Beaucoup d'entre nous avaient oublié la scène du départ de Nevers, mais non pas ceux qui avaient mission de s'en souvenir. Elle devait avoir son épilogue, logique, fatal et prompt.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §230 |
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