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Énervantes journées que ces journées d'attente du mois d'août, pendant lesquelles on voulait douter, on voulait espérer encore. Il fallut se résigner. Les premiers revers furent confirmés, avec l'aggravation des plus navrants détails. Pourtant le maréchal de Mac-Mahon ralliait à Châlons les débris héroïques de Froeschwiller; Bazaine massait autour de Metz l'armée du Rhin, que Forbach avait à peine entamée. La victoire, si longtemps attachée à nos armes, nous reviendrait peut-être. Mais il n'y a pas de douleur si cruelle qu'il ne faille s'en distraire, parce que s'impose l'obligation de vivre. Le marchand forcément revint à son comptoir, l'ouvrier reprit ses outils, en proie à une sourde rancoeur. Seuls, dans un si grave péril, les oisifs durent continuer à subir le sentiment de leur inutilité.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §11 Suspects. Nous étions suspects, non de modérantisme, mais d'hostilité. Dans ces esprits méridionaux, surexcités et exaltés, il y avait peu de différence entre la froideur à l'égard du gouvernement et l'oubli des devoirs sacrés envers la patrie. Et c'est à ce moment que le télégraphe apporta la désastreuse nouvelle de la capitulation de Metz, aussitôt suivie des commentaires douloureux de Gambetta.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §140 En tout pareil aux héroïques légions détruites autour de Sedan et de Metz, il lui manquait pourtant ces deux fiers ornements dont l'un provoquait le sourire et l'autre imposait le respect, suscitait l'enthousiasme: pas de tambour-major à voir parader en tête de la colonne; point de drapeau, hélas! à entendre frissonner glorieusement au milieu des rangs!
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §184 Dans la nuit profonde, les premières lueurs de l'incendie nous indiquaient au loin le théâtre de notre défaite, et, à notre droite, le canon tonnait encore, les mitrailleuses grinçaient toujours. Derniers efforts du général Peytavin qui, vers quatre heures, avait apporté l'appui du 15e corps. Arrêté par les troupes du prince Frédéric-Charles, il n'avait pu dépasser Poupry; mais sans doute avait-il empêché le vainqueur de Metz d'aider le grand-duc de Mecklembourg à écraser tout à fait le 16e corps. A Poupry aussi la lassitude gagna les combattants, et le feu de la poudre s'éteignit dans les ténèbres.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §439 |
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