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Au jour, un jour presque aussi gris, aussi triste que la nuit, nous pûmes aller répartir les vivres entre les escouades, puis nous étendre un peu, pendant que nos camarades préparaient la soupe sur les fourneaux improvisés le long des maisons. Elle fut vite absorbée, car le canon et la fusillade avaient tôt battu le rappel. Les Allemands, surpris de se heurter contre une armée en bataille, quand ils espéraient n'avoir qu'à ramasser des traînards débandés, avaient reconnu la nécessité de redoubler leurs coups. Avec l'assentiment du grand état-major de Versailles, le prince Frédéric-Charles ralentissait la marche des troupes dirigées sur la rive gauche de la Loire pour qu'elles pussent seconder les efforts du grand-duc de Mecklembourg; et le 1er corps d'armée bavarois, appuyé par la 22e division prussienne et la 4e division de cavalerie, allait tenter de rompre nos lignes.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §491 Aux Buttes-Chaumont, Villiot, devenu sous-lieutenant, mérita d'être cité à l'ordre du 1er corps de l'armée de Versailles. Nos trois officiers furent décorés vers le même temps, et mon successeur eût pu l'être sans injustice. Atteint d'une balle en pleine figure, le sergent-fourrier Leyris la fit ressortir lui-même de sa blessure, en pressant sa joue de toute la force de ses doigts. Il refusa d'ailleurs de quitter la compagnie. Sa plaie bandée, il continua de se battre jusqu'au dernier jour. Harel, Gouzy, sans rencontrer d'occasions si éclatantes, poursuivaient simplement l'accomplissement de leur dur devoir. Seul Laurier, qu'au moins une fois Villiot avait surpris loin de son poste, était rentré en congé à Marseille, où il se vantait d'avoir dédaigné l'épaulette.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §608 |
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