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Au jour, nous reconnûmes que nous étions campés près d'un grand bois, la forêt de Marchenoir. Le café pris, on nous fit aligner à une portée de fusil de la lisière: le 51e avait à nous rendre le funeste spectacle que nous lui avions offert dans la forêt de Blois. Il y mit un peu moins de cérémonie que nous. Ayant laissé les faisceaux auprès des derniers fumerons de leurs bivouacs, les hommes de ce régiment vinrent se ranger à nos côtés, les bras ballants, presque comme à la foire. Il ne s'agissait, à vrai dire, que d'exécuter un simple soldat, lequel, chose grave, avait refusé d'obéir à un caporal qui le commandait de corvée.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §294 A la tombée de la nuit, nous découvrîmes de loin la masse sombre de la forêt de Marchenoir, et, sur la lisière, les lignes des prismes blanchâtres des petites tentes. Les bivouacs fumaient et flambaient. Le terme de la retraite était atteint, Dieu merci. Le régiment campait à Saint-Laurent-des-Bois. Nareval, Dariès et moi, nous fîmes avec notre char une entrée triomphale. Les applaudissements ne nous manquèrent pas, car nous apportions des vivres bien nécessaires après un si long jeûne.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §335 Entre la Loire et la forêt de Marchenoir, cette ligne s'étendait sur un espace de 11 kilomètres, de Beaugency jusqu'à Lorges, où nous avions fusillé un soldat du 51e. Le quartier général était à Josnes. Le 17e corps, au centre, devant lui. Le 16e corps, dont la première division seule était présente, les deux autres s'étant égarées, forma d'abord l'aile gauche, puis fut porté à droite, à Villorceau, tout contre la division indépendante du général Camô. L'aile gauche fut alors constituée au moyen d'une division du 21e corps: récemment organisé sous le commandement de l'amiral Jaurès, il avait en outre mission de garder la forêt de Marchenoir, ce qui étendait de plusieurs kilomètres le front de bataille. Enfin, le général Chanzy, qui, avec la spontanéité du génie, palliait les fautes de ses lieutenants en en tirant parti, ordonna aux généraux Barry et Maurandy de réorganiser leurs divisions à Mer et à Blois. Il leur confia le soin de défendre les ponts, dont les Allemands allaient chercher à s'emparer, en effet, pour nous tourner.
(Journal d'un sous-officier, 1870, Amédée Delorme) §473 |
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