Alexandre Dumas Père | Italie | Monte-Cristo

Alexandre Dumas I Marseille.--L'arrivée. II Le père et le fils. III Les Catalans. IV Complot. V Le repas des fiançailles. VI Le substitut du procureur du roi. VII L'interrogatoire. VIII Le château d'If. IX Le soir des fiançailles. X Le petit cabinet des Tuileries. XI L'Ogre de Corse. XII Le père et le fils. XIII Les Cent-Jours. XIV Le prisonnier furieux et le prisonnier fou. XV Le numéro 34 et le numéro 27. XVI Un savant italien. XVII La chambre de l'abbé. XVIII Le trésor. XIX Le troisième accès. XX Le cimetière du château d'If. XXI L'île de Tiboulen. XXII Les contrebandiers. XXIII L'île de Monte-Cristo. XXIV Éblouissement. XXV L'inconnu. XXVI L'auberge du pont du Gard. XXVII Le récit. XXVIII Les registres des prisons. XXIX La maison Morrel. XXX Le cinq septembre. XXXI Italie.--Simbad le marin. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §5

--C'est selon le sens que vous attachez à cette question, monsieur. Si c'est comme bon camarade, non, car je crois qu'il ne m'aime pas depuis le jour où j'ai eu la bêtise, à la suite d'une petite querelle que nous avions eue ensemble, de lui proposer de nous arrêter dix minutes à l'île de Monte-Cristo pour vider cette querelle; proposition que j'avais eu tort de lui faire, et qu'il avait eu, lui, raison de refuser. Si c'est comme comptable que vous me faites cette question je crois qu'il n'y a rien à dire et que vous serez content de la façon dont sa besogne est faite. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §139

_Cejourd'hui 25 avril 1498, ay_ _Alexandre VI, et craignant que, non_ _il ne veuille hériter de moi et ne me ré_ _et Bentivoglio, morts empoisonnés_, _mon légataire universel, que j'ai enf_ _pour l'avoir visité avec moi, c'est-à-dire dans_ _île de Monte-Cristo, tout ce que je pos_ _reries, diamants, bijoux; que seul_ _peut monter à peu près à deux mil_ _trouvera ayant levé la vingtième roch_ _crique de l'Est en droite ligne. Deux ouvertu_ _dans ces grottes: le trésor est dans l'angle le plus é_ _lequel trésor je lui lègue et cède en tou_ _seul héritier_. _25 avril 1498_ _CES_ (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2414

«Cejourd'hui 25 avril 1498, ay... ant été invité à dîner par Sa Sainteté Alexandre VI, et craignant que, non... content de m'avoir fait payer le chapeau, il ne veuille hériter de moi et ne me ré... serve le sort des cardinaux Crapara et Bentivoglio, morts empoisonnés,... je déclare à mon neveu Guido Spada, mon légataire universel, que j'ai en... foui dans un endroit qu'il connaît pour l'avoir visité avec moi, c'est-à-dire dans... les grottes de la petite île de Monte-Cristo, tout ce que je pos... sédais de lingots, d'or monnayé, pierreries, diamants bijoux; que seul... je connais l'existence de ce trésor qui peut monter à peu près à deux mil... lions d'écus romains, et qu'il trouvera ayant levé la vingtième roch... e à partir de la petite crique de l'Est en droite ligne. Deux ouvertu... res ont été pratiquées dans ces grottes: le trésor est dans l'angle le plus é... loigné de la deuxième, lequel trésor je lui lègue et cède en tou... te propriété, comme à mon seul héritier. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2420

«Je n'ai gardé si longtemps le secret avec vous, continua Faria, d'abord que pour vous éprouver, et ensuite pour vous surprendre; si nous nous fussions évadés avant mon accès de catalepsie, je vous conduisais à Monte-Cristo; maintenant, ajouta-t-il avec un soupir, c'est vous qui m'y conduirez. Eh bien, Dantès, vous ne me remerciez pas? (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2438

L'abbé ne connaissait pas l'île de Monte-Cristo mais Dantès la connaissait: il avait souvent passé devant cette île, située à vingt-cinq milles de la Pianosa, entre la Corse et l'île d'Elbe, et une fois même il y avait relâché. Cette île était, avait toujours été et est encore complètement déserte; c'est un rocher de forme presque conique, qui semble avoir été poussé par quelque cataclysme volcanique du fond de l'abîme à la surface de la mer. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2445

«Vous voyez bien, disait le jeune homme avec une douce tristesse à Faria, que Dieu veut m'ôter jusqu'au mérite de ce que vous appelez mon dévouement pour vous. Je vous ai promis de rester éternellement avec vous, et je ne suis plus libre maintenant de ne pas tenir ma promesse; je n'aurai pas plus le trésor que vous, et nous ne sortirons d'ici ni l'un ni l'autre. Au reste, mon véritable trésor, voyez-vous, mon ami, n'est pas celui qui m'attendait sous les sombres roches de Monte-Cristo, c'est votre présence, c'est notre cohabitation de cinq ou six heures par jour, malgré nos geôliers; ce sont ces rayons d'intelligence que vous avez versés dans mon cerveau, ces langues que vous avez implantées dans ma mémoire et qui y poussent avec toutes leurs ramifications philologiques. Ces sciences diverses que vous m'avez rendues si faciles par la profondeur de la connaissance que vous en avez et la netteté des principes où vous les avez réduites, voilà mon trésor, ami, voilà en quoi vous m'avez fait riche et heureux. Croyez-moi et consolez-vous, cela vaut mieux pour moi que des tonnes d'or et des caisses de diamants, ne fussent-elles pas problématiques, comme ces nuages que l'on voit le matin flotter sur la mer, que l'on prend pour des terres fermes, et qui s'évaporent, se volatilisent et s'évanouissent à mesure qu'on s'en approche. Vous avoir près de moi le plus longtemps possible, écouter votre voix éloquente orner mon esprit, retremper mon âme, faire toute mon organisation capable de grandes et terribles choses si jamais je suis libre, les emplir si bien que le désespoir auquel j'étais prêt à me laisser aller quand je vous ai connu n'y trouve plus de place, voilà ma fortune, à moi: celle-là n'est point chimérique; je vous la dois bien véritable, et tous les souverains de la terre, fussent-ils des César Borgia, ne viendraient pas à bout de me l'enlever.» (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2449

Ainsi, ce furent pour les deux infortunés, sinon d'heureux jours, du moins des jours assez promptement écoulés que les jours qui suivirent. Faria, qui pendant de si longues années avait gardé le silence sur le trésor, en reparlait maintenant à toute occasion. Comme il l'avait prévu, il était resté paralysé du bras droit et de la jambe gauche, et avait à peu près perdu tout espoir d'en jouir lui-même; mais il rêvait toujours pour son jeune compagnon une délivrance ou une évasion, et il en jouissait pour lui. De peur que la lettre ne fût un jour égarée ou perdue, il avait forcé Dantès de l'apprendre par coeur, et Dantès la savait depuis le premier jusqu'au dernier mot. Alors il avait détruit la seconde partie, certain qu'on pouvait retrouver et saisir la première sans en deviner le véritable sens. Quelquefois, des heures entières se passèrent pour Faria à donner des instructions à Dantès, instructions qui devaient lui servir au jour de sa liberté. Alors, une fois libre, du jour, de l'heure, du moment où il serait libre, il ne devait plus avoir qu'une seule et unique pensée, gagner Monte-Cristo par un moyen quelconque, y rester seul sous un prétexte qui ne donnât point de soupçons, et, une fois là, une fois seul, tâcher de retrouver les grottes merveilleuses et fouiller l'endroit indiqué. L'endroit indiqué, on se le rappelle, c'est l'angle le plus éloigné de la seconde ouverture. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2450

«Mais surtout, écoutez bien ce que je vous dis à ce moment suprême: le trésor des Spada existe; Dieu permet qu'il n'y ait plus pour moi ni distance ni obstacle. Je le vois au fond de la seconde grotte; mes yeux percent les profondeurs de la terre et sont éblouis de tant de richesses. Si vous parvenez à fuir, rappelez-vous que le pauvre abbé que tout le monde croyait fou ne l'était pas. Courez à Monte-Cristo, profitez de notre fortune, profitez-en, vous avez assez souffert.» (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2479

«Monte-Cristo! dit-il, n'oubliez pas Monte-Cristo(Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2487

Le lendemain, en montant sur le pont, ce qu'il faisait toujours d'assez bonne heure, le patron trouva Dantès appuyé à la muraille du bâtiment et regardant avec une expression étrange un entassement de rochers granitiques que le soleil levant inondait d'une lumière rosée: c'était l'île de Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2782

Il avait passé et repassé vingt fois devant son île de Monte-Cristo, mais dans tout cela il n'avait pas une seule fois trouvé l'occasion d'y débarquer. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2812

C'était, aussitôt que son engagement avec le patron de la _Jeune-Amélie_ aurait pris fin, de louer une petite barque pour son propre compte (Dantès le pouvait, car dans ses différentes courses il avait amassé une centaine de piastres), et, sous un prétexte quelconque de se rendre à l'île de Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2814

Le patron de la _Jeune-Amélie_ proposa comme lieu de débarquement l'île de Monte-Cristo, laquelle, étant complètement déserte et n'ayant ni soldats ni douaniers, semble avoir été placée au milieu de la mer du temps de l'Olympe païen par Mercure, ce dieu des commerçants et des voleurs, classes que nous avons faites séparées, sinon distinctes, et que l'Antiquité, à ce qu'il paraît, rangeait dans la même catégorie. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2824

À ce nom de Monte-Cristo, Dantès tressaillit de joie: il se leva pour cacher son émotion et fit un tour dans la taverne enfumée où tous les idiomes du monde connu venaient se fondre dans la langue franque. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2825

Lorsqu'il se rapprocha des deux interlocuteurs, il était décidé que l'on relâcherait à Monte-Cristo et que l'on partirait pour cette expédition dès la nuit suivante. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2826

L'île de Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2830

L'île de Monte-Cristo grandissait à l'horizon. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2844

Deux heures après, il remonta sur le pont; le bâtiment était en train de doubler l'île d'Elbe. On était à la hauteur de Mareciana et au-dessus de l'île plate et verte de la Pianosa. On voyait s'élancer dans l'azur du ciel le sommet flamboyant de Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2846

«Il n'y a pas de grottes à Monte-Cristo? demanda-t-il. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §2863

Il avait besoin de revoir son or, et cependant il sentait qu'il n'aurait pas la force, en ce moment, d'en soutenir la vue. Un instant, il appuya ses deux mains sur le haut de sa tête, comme pour empêcher sa raison de s'enfuir; puis il s'élança tout au travers de l'île, sans suivre, non pas de chemin, il n'y en a pas dans l'île de Monte-Cristo, mais de ligne arrêtée, faisant fuir les chèvres sauvages et effrayant les oiseaux de mer par ses cris et ses gesticulations. Puis, par un détour, il revint, doutant encore, se précipitant de la première grotte dans la seconde, et se retrouvant en face cette mine d'or et de diamants. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3006

Edmond descendit, leva la pierre, emplit ses poches de pierreries, replaça du mieux qu'il put les planches et les ferrures du coffre, le recouvrit de terre, piétina cette terre, jeta du sable dessus, afin de rendre l'endroit fraîchement retourné pareil au reste du sol; sortit de la grotte, replaça la dalle, amassa sur la dalle des pierres de différentes grosseurs; introduisit de la terre dans les intervalles, planta dans ces intervalles des myrtes et des bruyères, arrosa les plantations nouvelles afin qu'elles semblassent anciennes; effaça les traces de ses pas amassées autour de cet endroit, et attendit avec impatience le retour de ses compagnons. En effet, il ne s'agissait plus maintenant de passer son temps à regarder cet or et ces diamants et à rester à Monte-Cristo comme un dragon surveillant d'inutiles trésors. Maintenant, il fallait retourner dans la vie, parmi les hommes, et prendre dans la société le rang, l'influence et le pouvoir que donne en ce monde la richesse, la première et la plus grande des forces dont peut disposer la créature humaine. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3015

Edmond demeura impénétrable; il ne sourit même pas à l'énumération des avantages qu'il eût partagés s'il eût quitté l'île; et, comme la _Jeune-Amélie_ n'était venue à Monte-Cristo que pour le chercher, il se rembarqua le soir même et suivit le patron à Livourne. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3018

Le lendemain, Jacopo mit à la voile pour Marseille; il devait retrouver Edmond à Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3023

Les curieux suivirent le petit bâtiment des yeux jusqu'à ce qu'ils l'eussent perdu de vue, et alors les discussions s'établirent pour savoir où il allait: les uns penchèrent pour la Corse, les autres pour l'île d'Elbe; ceux-ci offrirent de parier qu'il allait en Espagne, ceux-là soutinrent qu'il allait en Afrique; nul ne pensa à nommer l'île de Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3030

C'était cependant à Monte-Cristo qu'allait Dantès. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3031

--L'île de Monte-Cristo, répondit le Livournais. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3936

--Cela veut dire que, comme Monte-Cristo est inhabitée, et sert parfois de relâche à des contrebandiers et des pirates qui viennent de Corse, de Sardaigne ou d'Afrique, si un signe quelconque dénonce notre séjour dans l'île, nous serons forcés, à notre retour à Livourne, de faire une quarantaine de six jours. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3954

--Mais qui dira que Son Excellence a été à Monte-Cristo? (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3956

--En ce cas, va pour Monte-Cristo(Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3959

«Mon cher Gaetano, dit-il au patron, vous venez de me dire, je crois, que l'île de Monte-Cristo servait de refuge à des pirates, ce qui me paraît un bien autre gibier que des chèvres. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3961

--Oui, mon cher Gaetano, et votre conversation est des plus intéressantes; aussi comme je veux en jouir le plus longtemps possible, va pour Monte-Cristo(Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3975

Ils n'étaient plus guère qu'à une quinzaine de milles de Monte-Cristo lorsque le soleil commença à se coucher derrière la Corse, dont les montagnes apparaissaient à droite, découpant sur le ciel leur sombre dentelure; cette masse de pierres, pareille au géant Adamastor, se dressait menaçante devant la barque à laquelle elle dérobait le soleil dont la partie supérieure se dorait; peu à peu l'ombre monta de la mer et sembla chasser devant elle ce dernier reflet du jour qui allait s'éteindre, enfin le rayon lumineux fut repoussé jusqu'à la cime du cône, où il s'arrêta un instant comme le panache enflammé d'un volcan: enfin l'ombre, toujours ascendante, envahit progressivement le sommet, comme elle avait envahi la base, et l'île n'apparut plus que comme une montagne grise qui allait toujours se rembrunissant. Une demi-heure après, il faisait nuit noire. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3977

Heureusement que les mariniers étaient dans leurs parages habituels et qu'ils connaissaient jusqu'au moindre rocher de l'archipel toscan; car, au milieu de l'obscurité profonde qui enveloppait la barque, Franz n'eût pas été tout à fait sans inquiétude. La Corse avait entièrement disparu, l'île de Monte-Cristo était elle-même devenue invisible, mais les matelots semblaient avoir, comme le lynx, la faculté de voir dans les ténèbres, et le pilote, qui se tenait au gouvernail, ne marquait pas la moindre hésitation. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §3978

--Alors vous êtes en pays de connaissance avec les gens qui habitent Monte-Cristo à cette heure? (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §4007

--Eh bien, c'est juste notre chiffre; nous sommes même, dans le cas où ces messieurs montreraient de mauvaises dispositions, en force égale, et par conséquent en mesure de les contenir. Ainsi, une dernière fois, va pour Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §4021

On fit trente pas à peu près et l'on s'arrêta sur une petite esplanade tout entourée de rochers dans lesquels on avait creusé des espèces de sièges, à peu près pareils à de petites guérites où l'on monterait la garde assis. Alentour poussaient, dans des veines de terre végétale quelques chênes nains et des touffes épaisses de myrtes. Franz abaissa une torche et reconnut, à un amas de cendres, qu'il n'était pas le premier à s'apercevoir du confortable de cette localité, et que ce devait être une des stations habituelles des visiteurs nomades de l'île de Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §4043

--Je voudrais y être à l'époque où vous y viendrez, je tâcherais de vous rendre, en tant qu'il serait en mon pouvoir, l'hospitalité que vous me donnez si largement à Monte-Cristo. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §4158

Quant à Franz, une étrange transformation s'opérait en lui. Toute la fatigue physique de la journée, toute la préoccupation d'esprit qu'avaient fait naître les événements du soir disparaissaient comme dans ce premier moment de repos où l'on vit encore assez pour sentir venir le sommeil. Son corps semblait acquérir une légèreté immatérielle, son esprit s'éclaircissait d'une façon inouïe, ses sens semblaient doubler leurs facultés; l'horizon allait toujours s'élargissant, mais non plus cet horizon sombre sur lequel planait une vague terreur et qu'il avait vu avant son sommeil, mais un horizon bleu, transparent, vaste, avec tout ce que la mer a d'azur, avec tout ce que le soleil a de paillettes, avec tout ce que la brise a de parfums; puis, au milieu des chants de ses matelots, chants si limpides et si clairs qu'on en eût fait une harmonie divine si on eût pu les noter, il voyait apparaître l'île de Monte-Cristo, non plus comme un écueil menaçant sur les vagues, mais comme une oasis perdue dans le désert; puis à mesure que la barque approchait, les chants devenaient plus nombreux, car une harmonie enchanteresse et mystérieuse montait de cette île à Dieu, comme si quelque fée, comme Lorelay, ou quelque enchanteur comme Amphion, eût voulu y attirer une âme ou y bâtir une ville. (Le Comte de Monte-Christo v1, Alexandre Dumas Père)  §4194